Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 10:52
Si vous voulez faire frémir vos (grands-)parents, chuchotez-leur « topinambour » à l'oreille. Au hit-parade de ses affreux souvenirs d'enfant ayant vécu la guerre, ma mère place celui des topinambours en très bonne position. L'explication est très simple, le topinambour ne fait pas d'histoire, non madame. Il s'accommodera de tous les sols, même très pauvres, pour croître et s'épanouir, il ne redoute ni les maladies ni les prédateurs, et le gel ne l'atteint pas tant qu'il est en terre. Avec ça, rien d'étonnant à ce qu'il ait fait les beaux jours, avec les rutabagas, de la sombre époque du rationnement.
 
Le topinambour mérite pourtant un peu de considération, car outre sa rusticité de bon aloi, il peut être consommé sans risque par les diabétiques. Les glucides qu'il contient (principalement de l'inuline), en effet, ne sont pas assimilables par l'organisme, contrairement à l'amidon de la pomme de terre (attention tout de même en cas de fragilité du côlon, car l'inuline peut entraîner une légère irritation). Également riche en vitamines et sels minéraux, ce végétal injustement boudé est donc un champion diététique, et il est... délicieux.
 
Une de nos amies, heureuse propriétaire d'un jardin en terrasses aux dimensions absolument indécentes (et qui ouvre, pour fêter le printemps, un merveilleux gîte dans son incroyable maison), nous en a amené tout frais cueillis. Belle occasion de goûter enfin ce légume à l'allure tourmentée (vendu désormais chez les maraîchers un peu chic, qui profitent de la bobo-bêtise de leurs clients pour vendre le tubercule au prix de l'or...). L'occasion faisant le larron, j'ai découvert au passage que le topinambour (Helianthus tuberosus L.) appartient à la famille des Astéracées, celle des tournesols (Helianthus annuus L.), des chardons, des pissenlits... Histoire de redorer un peu son sinistre blason.
 
Nous les avons dégustés très simplement, après les avoir épluchés et blanchis rapidement, puis fait mijoter dans un fond de bouillon parfumé agrémenté de beurre et de pluches de cerfeuil. Un peu de sel aux herbes et de poivre suffisent pour apprécier le léger goût d'artichaut et la texture mi-ferme, mi-fondante de ce légume. J'essaierai d'en faire à ma mère... pour la réconcilier avec son histoire.
 
 
 
 
 

Rappel des valeurs nutritionnelles

 

Énergie

31 calories/100 g

(contre 85 pour le même poids de

pommes de terre)

Fibres Teneur élevée : 7 à 8 %
Minéraux

Teneur élevée (notamment

en potassium et magnésium) 5,5g/100 g

Vitamines groupe B

Entre 5 et 20 % de l'apport journalier recommandé/portion de 150 g

Eau de végétation (79 % du total)

Bien équilibrée en minéraux (pour 100 g) :

478 mg de potassium

3 à 5 mg de sodium

78 mg de phosphore

20 mg de magnésium

Ces valeurs sont nettement supérieures à la plupart des autres légumes. Il faut également noter que le rapport sodium/potassium est très bas, ce qui fait du topinambour un légume ayant des propriétés diurétiques intéressantes.

 
Par lunemalo - Publié dans : BEP : Bio Ecolo Phyto - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 11:31
Alors que ce drôle d’hiver s’apprête à tirer sa révé-rence, gri-saille, pluie et vent se liguent com-me pour nous annon-cer un prin-temps tout aussi désagréable. Je ne suis pas de celles qui s’épanouissent dès que les tendres pousses font une apparition timide, je l’ai déjà expliqué, mais tout de même, les quelques jours radieux de la semaine dernière, les premiers chants d’oiseaux, têtus et victorieux, les jeunes feuilles encore recroquevillées des rosiers m’ont donné une furieuse envie de douce chaleur et de sorties champêtres.
 
Il semblerait que ma patience soit encore soumise à rude épreuve… En attendant la belle saison, donc, et son cortège de tomates sucrées, d’herbes et de fruits délicieux, j’ai eu envie de préparer un dîner sobre mais réconfortant, simple mais raffiné, histoire de profiter – au moins – de plaisirs gustatifs qui ne seront bientôt plus de saison.
 
Pour se mettre en bouche, et se réchauffer les intérieurs à la manière d’un Gargantua passé à la moulinette diététique, un bouillon de légumes frais, avec petit émincé de champignons bruns pour la touche japonisante. Puis ma purée irlandaise. Je dis « ma », toute modestie bue, car j’ai modifié la recette (donnée par un irlandais pure souche, rien de moins) découverte un soir où, comme d’habitude, je tournicotais à la recherche d’une occupation impérative qui justifierait ma répugnance à aller me coucher… Un petit mesclun au vinaigre de framboise et pour finir, un quatre-quarts au cœur de praliné fondant.
 
Le bouillon, je ne vous ferai pas l’injure…
Le mesclun... passons encore.
 
Le quatre-quarts itou, tout praliné soit-il…
 
Alors, la purée irlandaise, me dira-t-on ? Eh bien, l’Irlande est un pays où la pomme de terre a (eu) droit de vie et de mort (et où malheureusement, on en arrive aujourd’hui à ça…). Et il est étonnant de constater, une fois de plus, que la sobriété alimentaire imposée par la pauvreté offre aux nantis bien nourris que nous sommes des recettes ancestrales savoureuses, dignes de figurer sur la table d’un Passard.
 
La recette est rapide à réaliser et simplissime. Pour 3 personnes, compter un bon kilo de pommes de terre (après épluchage), un demi-bouquet de cerfeuil ciselé (avec une partie des tiges), 3 échalotes longues finement émincées, 250 ml de lait et environ 50 g de beurre.
Pendant que les pommes de terre coupées en cubes cuisent dans l’eau salée frémissante (une vingtaine de minutes, elles doivent être tendres sans s’écraser), verser le lait dans une casserole, y ajouter beurre, cerfeuil et échalottes, saler et poivrer. L'amener à ébullition, couper le feu, couvrir et laisser infuser.
Égoutter rapidement les pommes de terre, les écraser au presse-purée manuel sans chercher à obtenir absolument quelque chose de lisse, l’un des plaisirs de ce plat tenant aux différences de texture. Incorporer en plusieurs fois le lait chaud, jusqu’à atteindre la consistance voulue. Rectifier l’assaisonnement et servir sans attendre. Si l’on aime vraiment le beurre, on peut en placer un autre morceau sur le dessus de la purée, qui fondra sur le chemin entre le fourneau et la table…
 
Cette purée a un goût inimitable, même si elle est tout de même raisonnablement roborative. Accompagnée d’une salade, elle peut se suffire à elle-même pour un dîner léger, mais on peut évidemment la servir en complément d’un légume vert, d’un plateau de fromages, d’un poisson ou d’une viande. J’ai testé la version originale (avec des oignons de printemps, difficiles à trouver), fait une variante avec de la ciboulette fraîche (proche des fameux oignons de printemps), pour conclure que le cerfeuil et son arôme très finement anisé-herbacé a ma préférence.
 
En images :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La purée a été dévorée sitôt servie, donc pas de photo…
 
En revanche, un petit aperçu, non pas des quatre-quarts, mais de leurs homologues au yaourt, faits d’après la délicieuse recette d’Adrien trouvée sur le blog non moins délicieux de sa charmante Tourterelle de mère :
 
 
 
 
 
Photo den-tête tirée de ce site
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /Mars /2007 15:15

 

 

 

Mon baromètre....

Des fenêtres de ma chambre,

je vois les saisons se succéder

derrière sa silhouette élégante

Par lunemalo - Publié dans : Lunes et saisons - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /Mars /2007 18:27
Non que j’en aie besoin, non. Pas du tout. D’ailleurs, vu la modestie de mes avantages, je suis raisonnablement tranquille de ce côté-là. Comme qui dirait raplapla, le côté. Enfin, très discrètement vallonné... Mais, mon Dieu, prudence et prévoyance font mieux que Magicsoutif et chirurgie. Ainsi en soit-il donc.
 
J’ai commencé à faire du pain il y a une bonne dizaine d’années, après qu’une amie bien intentionnée m’a offert un des deux livres de cuisine que j’emporterais sur une île déserte, dussé-je me résoudre à abandonner les autres pour cause d’excédent de bagages.
Le grand livre du pain, puisqu’il s’agit de lui, a été commis par Linda Collister, une cuisinière aussi émérite que britannique (elle a mitonné quelques années durant les repas quotidiens de la Royal Family, excusez du peu. Et pas de gloussement nerveux à base de : « Mouais, la cuisine anglaise, on sait ce que c’est… », please !). Ce bouquin est une mine, un trésor, un antre parfumé et grisant, LA bible du boulanger amateur. Donc, de moi.
 
Je fais du pain depuis une décennie, disais-je, mais ces derniers mois, je dois avouer que j’avais relégué cette activité au tout dernier rang de mes priorités, bien après le déménagement, une douce attente plus chaotique que prévu, la naissance de la princesse, le deuxième déménagement et les (censuré) de (censuré) de (censuré) de travaux...
 
À la faveur des vacances qui ont vu les garçons TGViser vers le Home sweet home de leurs grands-parents, l’envie, latente ces dernières semaines, d’épousseter le fameux livre et de pétrir quelques fournées s’est précisée. Et concrétisée ce dernier dimanche pluvieux-venteux, par des petits pains aux herbes et des pains au lait, ou navettes.
 
Avant de passer à la démonstration, un mot à l’attention des bretonnes propriétaires de MAP et autres tentatrices dénuées de scrupules… ou plutôt non, pas de mot, je vous ignore, je vous condescende… Fin de la parenthèse.
 
Linda Collister a inventé certaines recettes, et en a glané d’autres au fil de ses voyages et de ses recherches sur les cuisines régionales. Angleterre, États-Unis, vieille Europe, rien n’échappe à sa curiosité, et elle livre explications et savoir-faire avec simplicité, pédagogue sans être ennuyeuse, alléchant le lecteur par des apartés délicieusement anglo-saxons sur l’arôme, la texture ou la valeur nutritionnelle des différents pains qu’elle présente. Il faut d’ailleurs comprendre « pain » au sens large, car elle en explore les déclinaisons nationales ou religieuses et parcourt la gamme des variations sucrées sur base de levain, allant jusqu’aux merveilleuses viennoiseries de Michel Roux.
 
Aujourd’hui, donc, deux recettes légèrement adaptées, éprouvées et ré-éprouvées, et refaites toujours avec le même plaisir.
 
 
Petits pains aux herbes (pour une dizaine de petits pains)
 
450 g. de farine de blé bio
1 à 2 cuillers à café de sel
Mélange de poivres et de baies moulu 
15 g. de levure de boulanger
20 cl de lait
230 g. de fromage blanc épais
1 œuf
2 cuillers à soupe d’herbes au choix (impérativement fraîches ou surgelées) : ciboulette, thym, estragon, basilic, aneth…
Lait pour glacer
 
 
Mixer le fromage blanc, l’œuf et les herbes ciselées.
Tamiser la farine dans un plat un peu profond, ajouter le sel et le poivre (pour ma part, j’ai utilisé mon sel vert, il faut donc en mettre un peu plus que si l’on utilise du sel blanc). Creuser un puits.
Émietter la levure dans un ramequin, la délayer soigneusement avec une cuiller à soupe de lait, verser dans le puits.
Ajouter le lait et le mélange au fromage blanc.
Incorporer petit à petit la farine. Au début, on peut utiliser une cuiller, mais dès que tous les ingrédients sont amalgamés, il faut plonger ses doigts (propres et sans bague… on n’est pas dans Peau d’Âne, non plus !) dans la pâte. C’est assez sensuel, d’ailleurs, avouons-le. Bref. Pétrir il faut donc, assez rapidement toutefois, en rajoutant un peu de farine si la pâte est trop collante (elle doit être souple, mais sans s’agripper fougueusement à vos doigts). Puis replacer le pâton dans le plat, couvrir d’un linge et laisser lever une heure environ.
Lorsque la pâte a levé, la pétrir rapidement une deuxième fois, la peser : avec les quantités indiquées, on doit obtenir un petit kilo de pâte, que l’on divisera en une dizaine de boules d’environ 90 grammes chacune.
 
Placer les boules sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé en les espaçant de 3 ou 4 cm, couvrir d’un linge et laisser lever encore une quinzaine de minutes, le temps de préchauffer le four à 180° (Th. 6).
 
Mettre la plaque dans le four chaud, laisser cuire environ 10 minutes en surveillant que la coloration se fait régulièrement. Sortir la plaque, badigeonner rapidement les pains de lait (jusqu’à trois fois successives, si vous aimez les croûtes brillantes). Remettre la plaque au four et laisser cuire encore 10 minutes, en surveillant toujours.
 
Sortir les pains du four, vérifier qu’ils sont cuits en cognant du doigt sur le dessous, qui doit sonner creux. Les laisser refroidir complètement sur une volette. Ces petits pains se congèlent très bien, mais gagneront dans ce cas à être légèrement réchauffés au four ou toastés après décongélation.
 
Délicieux avec du fromage, des œufs brouillés ou pochés, une poêlée de champignons, du cottage cheese assaisonné… ou rien.
Le pain aux herbes après pé-trissage...
 
 
 
 
 
 
 
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...après cuisson
 
 
 
 
 
La mie, floue... mais moelleuse et souple
 
 
Pains au lait ou navettes (pour 12 navettes)
 
340 g de farine
7 g de sel
30 g de beurre très froid (éventuellement demi-sel, dans ce cas on réduit un peu le sel)
8 g de levure de boulanger
2 cuillers à café de sucre (blanc si la garniture doit être salée, sinon on peut utiliser du sucre roux, voire du sucre vanillé maison)
20 cl de lait froid
1 œuf battu
Lait pour glacer
 
 
  
Tamiser la farine dans un plat un peu profond. Creuser un puits.
Émietter la levure dans un ramequin, la délayer soigneusement avec 1 cuiller à soupe de lait, incorporer 2 cuillers à café de sucre blanc (si l’on veut utiliser les navettes avec une garniture sucrée, on peut augmenter légèrement la quantité de sucre, et utiliser du sucre roux, de la vergeoise, du rapadura, etc.), verser dans le puits.
Ajouter le reste du lait.
Incorporer petit à petit la farine. Renverser la pâte sur le plan de travail bien fariné et pétrir pendant une dizaine de minutes.
Deuxième aparté à l’attention des utilisatrices de MAP désignées plus haut : c’est sûr, faut tremper un peu sa chemise, au lieu d’appuyer sur un bouton et d'aller faire dodo… Pfeuh, va ! Fin de la parenthèse bis.
Après pétrissage, placer la pâte dans un saladier huilé, la rouler dans tous les sens pour l'enrober d'huile et la laisser lever au chaud, sous un linge humide. En profiter pour reprendre contenance. Au bout de 2 heures environ, la pâte doit avoir bien gonflé. La retourner sur le plan de travail fariné, l'aplatir, la peser, former des boules de poids régulier. Avec les quantités indiquées, on fait 12 navettes assez grosses, ou environ 18 plus petites (parfaites pour les buffets salés ou sucrés, par exemple). Rouler chaque boule en boudin et pincer légèrement les extrémités pour lui donner une forme de... navette. Couvrir avec le linge et laisser lever encore 1 heure.
Préchauffer le four à 220° (Th. 7/8). Badigeonner les navettes de lait deux ou trois fois, glisser la plaque au milieu du four et laisser cuire 5 minutes. Sortir la plaque, baisser la température du four à 180°, badigeonner les navettes une nouvelle fois de lait et les remettre au four encore 5 à 10 minutes. Les temps sont indicatifs, la durée de la cuisson dépend du type de four, de sa puissance, etc. Donc, surveiller la coloration.
Sortir la plaque du four et vérifier que les navettes sont cuites en cognant du doigt sur le dessous (qui doit sonner creux).
Ces navettes sont délicieuses chaudes, froides, avec une garniture salée ou sucrée (dans ce dernier cas, utiliser du beurre doux et augmenter légèrement la quantité de sucre). Elles se congèlent très bien et se conservent plusieurs jours à température ambiante. Légèrement grillées, elles sont juste... divinement régressives ! 
 
 Après pétrissage...
 
 
 Après façonnage...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Les navettes sont cuites ! J'ai placé exprès sur le dessus une navette 'ratée', c'est-à-dire fendue sur le dessus. Il faut rouler les boules de manière à avoir une surface la plus unie possible.
 La mie est aérée, fine et consistante à la fois...
 
 
 
Pétrir, disais-je donc. Et c’est là que la lumière se fait. Parce que l’avant-propos de cet article était un peu… incongru. Cheveu sur la soupe. Eh bien non, finalement, et vous m’allez comprendre derechef.
 
Le pétrissage, ma bonne dame, c’est pas une partie de plaisir, contrairement à ce que d’aucuns ont pu déduire de ma remarque sur la sensualité de la chose (voir plus haut). Disons-le même carrément, à moins de ressembler à Miss Grobiceps, on trouve les dix minutes foutument longues. À se demander si la trotteuse irait pas en arrière, des fois. Mais c’est là que la dure ouvrage est toujours récompensée (et pas les MAP-girls, ce qui n’est que justice). Le pétrissage, voyez-vous, fait travailler EXACTEMENT les muscles qui désespèrent toute femme de plus de 20 ans (donc, moi et moi plus 2) normalement constituée : le triceps (ou «flan »... Je sais, c’est pas élégant) et les pectoraux. Et les pectoraux, mes douces, ce ne sont pas seulement ces jolies protubérances viriles qui font fantasmer, encore une fois, toute femme de 10 à 100 ans. Même avec poipoils. Et sans huile juste-pour-la-photo.
Nada. Nous aussi, on en a. Et du pec’ féminin qui bosse, c’est le sein glorieux assuré. D’où ma fine remarque du début. Par conséquent, une petite séance de pétrissage bi-hebdomadaire, voire plus si hystérie de la boulange, et l’aplomb de vos arguments féminins, mesdames et mes-demoiselles, sera une affaire qui marche. Fin de la digression mammaire.
Du deux en un, quoi. Alors, heureuses ?
P.S : bon, j'aimerais bien en avoir une quand même, de MAP... Juste pour assurer la miche craquante quand j'ai le biceps mou... Mais je viens déjà d'investir dans une yaourtière, alors patience et longueur de temps...
 
 
 
 
 
 
 
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Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /Fév /2007 16:35
L’échafaudage avait enfin été démonté. Après avoir rayé l’horizon de la cour de ses barreaux de métal auxquels l’œil se heurtait, créant des figures géométriques éphé-mères qui avaient assombri des jours durant le petit salon, il avait laissé place à un paysage un peu dévasté.
La terre uniformément recouverte d’une couche pulvérulente aux tons d’ocre, les feuilles poudrées comme des marquises, la dépouille brisée de l’étrange habitant du jardin s’étalaient désormais sans détours, s’offrant au regard dans toute leur nudité hivernale, la mise défaite, comme victimes d’une mauvaise tempête.
 
Vu de plus près, pourtant, ce triste horizon tentait vaille que vaille de renaître. Ça, là, ici encore, des tentatives timides mais déterminées apparaissaient…
Étrange réminiscence de l’enfance et de ses talus sauvages, des touffes de perce-neige étaient brusquement sorties de terre, exposant sur la terre mangée de cailloux leurs corolles légères au bout d’une tige fine, ployant comme le cou d’un cygne.
Étrange nostalgie que m’offrait cette nouvelle maison, qui me signifiait ainsi que j’étais chez moi. Indicible émotion, malgré les années, devant cette renais-sance éternelle !
Les premières primevères ponc-tuaient de couleur les mottes irrégulières, les rosiers tant bien que mal replantés montraient des pousses délicates, encore tout enchevêtrées, diaphanes comme un tissu précieux, la ciboulette ressortait de terre en touffes vigoureuses…
 
 
                   
                            Et, jouant le prélude du bal des insectes de l’été, une coccinelle dodue profitait d’un rayon de soleil pour faire ses premières inspections.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le rosier de Venezia...avant les roses, aux allures d'animal fabuleux
Le Pierre de Ronsard fleurira-t-il cette année ?
 
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Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /Fév /2007 15:24
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La princesse a deux ans et quelques menues pous-sières… et un caractère déjà bien affirmé, même si sa capacité à « verbaliser », comme diraient les spécialistes, est encore réduite à une expression fort simple.
 
La valeur n’attend pas le nombre des années, dit-on, la créativité non plus, semble-t-il… Ainsi, hier soir, Mademoiselle a-t-elle réinventé l’empreinte éphémère, munie pour toute arme de sa petite tasse à bec… À en croire le doux rire qui m’a tiré l’oreille, et dont je la remercie (sans lui, et à quelques instants près, son œuvre si parfaite disparaissait sans que je l’aie vue), elle a goûté à sa juste valeur son pouvoir sur la matière...
 
Un petit pied nu, un peu d'eau... une jolie empreinte !
 
Cinq petits doigts... le compte est bon
 
Par lunemalo - Publié dans : Lunes et saisons - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 14:38
Ce n’est pas à moi qu’il faut poser cette question. Le tartinage de museau, les tests frénétiques de crèmes et autres onguents ma-giques, censés transfor-mer le pire des laiderons en princesse rayonnante, ne sont pas mon fort. Mais il semble tout de même, les statistiques ne me démen-tiront pas, que crémage et maquillage sont les deux mamelles de la gent féminine.
 
Soit. Ma mère n’était pas du genre. Elle était même plutôt, j’ose le dire, goguenarde devant les pots, tubes et flacons recélant les produits de beauté pour lesquels nombre de ses congénères se damneraient sans la moindre hésitation. Je lui dois certainement un intérêt proche du zéro absolu pour les nouveautés cosmétiques qui nous tonitruent à longueur de magazine qu’il est si simple d’être belle. En oubliant soigneusement de nous dire qu’en signant au bas du contrat, nous refusons obstinément de lire les petites lignes. Celles qui nous montreraient, pour peu que nous sachions les décrypter et en ayons le courage, que la beauté a souvent des relents de chaudron diabolique.
 
Mais voilà, après deux garçons se souciant assez peu de la chose, une petite princesse a pointé son nez. Et deux ans à peine ont suffi pour que germe et s’épanouisse dans sa jolie tête l’intérêt passionné de la femme pour la cosmétique. La boucle se refermant étrangement, j’y suis probablement pour quelque chose, puisque tous les produits que j’utilise pour sa toilette sont home-made, et conservés dans des flacons ou des petits pots choisis et parfois ornés spécialement pour elle. Son grand plaisir est de les toucher tour à tour, de mimer le pschitt du spray, de se passer maladroitement un peu de baume sur les joues ou de demander à sentir, pour la millième fois, le parfum délicieux de l’eau de jasmin.
 
Alors, pour les princes et les princesses qui naîtront en 2007, et je pense notamment à certaine petite Lylette, voici les formules très simples que j’ai imaginées pour ma fille, rose parmi les roses... Bien sûr.
 

 
 
 
 
Rosée nettoyante
 
Le nom de ce produit est un clin d’œil à Michèle, dont j’admire sans réserve les talents de sorcière et la grande générosité. Je l’utilise principalement pour le change, même dans les cas…difficiles, mais il convient parfaitement pour le nettoyage des mains et du visage. Dans ce dernier cas, tapoter doucement avec un mouchoir ou un linge fin pour sécher.
 
Ingrédients (pour 150 ml)
65 ml d’hydrolat (au choix, après test cutané préalable et selon le besoin : rose, fleurs d’oranger, camomille romaine, lavande)
20 gouttes d'extrait de pépins de pamplemousse (EPP)
 
 

Dans un spray de 150 ml parfaitement propre, verser l’hydrolat et l’eau minérale. Compter 20 gouttes d’extrait de pépins de pamplemousse. Fermer et secouer pour mélanger.
 
 
Lotion douce biphasée
 
Cette formule plus « élaborée » répond au besoin d’avoir un produit de soin nettoyant capable de calmer les irritations légères du siège avant qu’elles ne dégénèrent. Je voulais donc qu’il nettoie l’épiderme (hydrolat), favorise sa réparation (plasma de Quinton isotonique, voir le pourquoi du comment chez Pescalune) et le protège (huile végétale). L’intérêt de cette formule deux-en-un est que la couche d’huile qui surnage isole physiquement la partie aqueuse susceptible de se dégrader, et contribue à retarder, sinon empêcher, la contamination microbienne. Il suffit d’agiter le flacon avant application pour unifier temporairement les deux phases. Au passage, on admirera la nébuleuse beauté des milliers de gouttelettes en suspension…
Il s’utilise également sur le visage, et laisse après application (inutile d’essuyer) un voile d’huile protectrice et un parfum absolument divin, pour des joues à croquer.
 
Ingrédients (pour 150 ml)
120 ml d’hydrolat (au choix, après test cutané préalable et selon le besoin : rose, fleurs d’oranger, camomille romaine, lavande)
20 ml d’huile végétale (j’utilise du jojoba golden dans lequel ont macéré, merci Venezia de cette magnifique idée, des pétales de rose de Provins et de la vanille). Le parfum est…indescriptible. Le macérat de calendula dans du tournesol est également intéressant pour ses propriétés régénératrices de l’épiderme. L’huile d’amande douce est classique pour les enfants et intéressante pour sa douceur et sa finesse, mais je l’évite sauf dans le cérat pour sa tendance à rancir rapidement et son caractère potentiellement allergène. Ma fille supporte en revanche très bien le macérat de vanille, cette dernière étant pourtant allergène chez 1 personne sur 3. L’arôme est évidemment délicieux, surtout mêlé à celui de la rose, mais je j’ai principalement choisie pour les propriétés de conservation qu’on lui prête, et auxquelles l’industrie cosmétique s’est dernièrement intéressée de près.)
1 ampoule de plasma de Quinton isotonique
 

Verser l’hydrolat et le plasma de Quinton dans un flacon de verre stérilisé. Agiter. Verser l’huile, boucher soigneusement. Avant chaque utilisation, agiter vigoureusement pour homogénéiser les deux phases, verser sur un disque de coton ou une lingette lavable et essuyer la peau délicatement, sans tirer.
 
 
Baume lavande
 
Ma fille a très rarement eu les fesses rouges, mais toutes les mamans connaissent ce fameux érythème si douloureux et si délicat à soigner. La prévoyance légèrement hystérique étant ma deuxième nature (Rousseau, à moi !), je voulais quelque chose pour réparer la peau vite et bien, en cas. Plusieurs aromathérapeutes recommandent la lavande fine (Lavandula officinalis), qu’ils considèrent comme totalement inoffensive, pour le soin des bébés. Je n’ai pas leurs compétences et j’utilise les huiles essentielles avec grande prudence. Je préfère donc m’abstenir totalement pour la princesse. Où le fameux principe de précaution va se nicher, on n’a pas idée…
 
Je connais et j’utilise pourtant très souvent les lavandes, et je m’émerveille toujours de leur puissance d’action, de leur douceur et de leur force, de leur polyvalence. Autant dire que je rageais de voir ma fille privée de ce merveilleux vulnéraire. Dans son catalogue, Sylviane Reina propose, entre autres magnifiques produits, une macération solaire de lavande dont elle m’a confirmé les propriétés réparatrices. Des propriétés que j’ai pu vérifier par moi-même rapidement, car, par un hasard étonnant, ma fille a souffert d’un érythème fessier impressionnant et… providentiel quelques jours après que j’ai reçu ma commande. La peau était « entamée », rouge et douloureuse. Après la toilette de l’après-midi, j’ai appliqué un peu d’huile, sans insister. Au change suivant, la peau était nettement moins rouge, la zone irritée s’était réduite, et surtout ma fille ne manifestait plus aucune gêne ! Le lendemain, la peau avait repris une couleur normale, et le plus étonnant, c’est que j’ai pu voir des marques de « cicatrisation », la lavande ayant littéralement cautérisé l’épiderme dont l’aspect quasi-suintant de la veille avait totalement disparu. L’huile de lavande fait désormais partie de la pharmacopée familiale, car elle peut bien évidemment être utilisée pour une foule d’autres usages au quotidien, notamment en cas de brûlures ou d’irritations. Le résultat est vraiment miraculeux, la peau se répare pratiquement à vue d’œil (sans marques persistantes) et l’effet antalgique est réel. À avoir donc toujours dans sa trousse d’urgence.
Comme ce n’est pas toujours pratique de trimbaler un flacon d’huile avec soi, même s’il est muni d’un compte-gouttes, j’ai préparé un baume plus « soft » à emmener dans le sac, à utiliser pour les bobos légers ou lorsque l’on veut nourrir particulièrement la peau (par exemple en cas d’eczéma).
 
Ingrédients (pour un tout petit pot)
15 grammes de beurre de karité non raffiné (le mien, d’odeur riche et pénétrante, vient de chez Akamuti, tout comme le jojoba golden)
15 ml de macérat de lavande
 
Si le baume n’est pas destiné à des enfants, on peut ajouter 7 gouttes d’HE de lavande fine.
 

Faire fondre le karité au bain-marie. Retirer du feu et laisser tiédir. Ajouter le macérat, mélanger. Si l’on ajoute de l’huile essentielle, attendre que le mélange soit presque froid (mais pas encore figé). Verser dans un petit pot. Comme pour tous les produits (et à plus forte raison lorsqu’ils sont fabriqués maison et ne contiennent donc pas ou peu de conservateurs), utiliser de préférence une spatule propre ou une cuillère en porcelaine pour prélever le baume.
 
 
 
 
Voilà donc en trois produits simples à fabriquer et à utiliser, délicatement parfumés et surtout vraiment efficaces, le beauty case de ma princesse. J’y ajoute un vaporisateur d’eau de jasmin pour parfumer délicatement ses vêtements ou ses cheveux (sur la peau j’évite, à regret, en raison des solvants utilisés), un baume nourrissant (cire d’abeille, beurre de cacao et huiles végétales) à tout faire, et un mini-flacon d’huile de noisette pour le « petit pouce », régulièrement irrité d’être trop sucé… Cette huile régénère en effet rapidement la peau et peut être ingérée sans risque.
 
Après, l’ivresse importe peu, pourvu qu’on ait le flacon…
Source livre ancien
 
Par lunemalo - Publié dans : Le chaudron - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /Fév /2007 14:16
J’ai une légère tendance à l’obsession...
 
…Le sujet (moi en l’occurrence, NDR) est de nature compulsive, avec tendance marquée à l’accumulation, mais ne présente pas de danger pour lui-même ni pour son entourage...
 
Bref, quand j’aime, j’achète, je rachète, j’entasse, j’accumule (déjà dit), j’amasse, je thésaurise avec délices...
 
Quand j’ai ouï parler de cosmétiques maison et découvert au fil de lectures passionnantes (pour le sujet d’aujourd’hui, butiner ici et chez ma chère PPP) de quel bois, ou plutôt composants, ils se faisaient, il ne m’a guère fallu de temps pour me constituer un petit trésor de trucs à chaudron. J’ai commencé par le plus facile pour moi, la fameuse Cera flava ou cire d’abeille jaune (en termes vulgaires, la cire non trafiquée par un procédé dont la 'quelconquerie' ne masque qu’à grand-peine la perversité…). Facile, car j’ai pu m’en procurer en... quantité auprès de l’apicultrice locale, qui m’a depuis fait une réputation de fille très gentille (et on sait ce que ça veut dire dans nos contrées !).
 
Je me suis donc retrouvée, pour quelques sous, nantie d’un énorme bloc de cire à l’odeur divine, et quand je dis énorme, j’euphémise doucement, la bête pesant son bon kilo.
 
Pas pratique à stocker, évidemment, car, matière brute oblige, ledit bloc ressemblait furieusement à un étrange monolithe aux formes tourmentées… Et pas pratique à utiliser non plus : râper de la cire n’est déjà pas une partie de plaisir, mais râper un machin de ce poids est au-delà de mes forces. J’ai essayé d’entamer la chose à la Sharon Stone, et bien failli y laisser quelques entrailles. Et je ne parle même pas de l’aspect piteux de ma râpe après l’opération (ni de la tête de mon fils commis à la plonge…).
 
Bref, j’en ai eu assez. Mais je suis persévérante, et puis je ne voulais pas renoncer à l’utiliser, ma cire. Je sais qu’on lui reproche, certainement à juste titre, son « effet tirant » (Blue, grande experte en touillages maison), trop couvrant, voire asphyxiant. En tant que toute petite expérimentatrice (et utilisatrice fanatique du baume à lèvres de Weleda, à l’odeur grisante), j’apprécie le moelleux et la tenue qu’elle donne pour peu qu’on ait la main légère.
 
Rien n’arrive par hasard… Il y a peu, j’ai acheté un... moule ? Plaque à œufs ? Palette de peintre molle à la Dali ? Je penche pour la deuxième solution, par raison, mais ça m’amuse d’imaginer tout ce qu’on pourrait faire avec cet ustensile (j’en ai acheté deux, en fait, voir la première phrase de ce billet…). Et je n’ai pas encore fait le tour des possibilités qu’il me laisse entrevoir. Bref, ce machin en porcelaine trônait depuis quelques jours sur une vitrine, chaque petite case emplie de zinzins divers, attendant l’inspiration : perles, boutons, bracelets de la princesse et de son papa à refaire, clé de montre ancienne, pompons de laine cardée… quand j’ai décidé de faire du cérat (merci Hooly). Je vous passerai les détails sordides, la description de la cuisine après que j’y ai officié, l’état du saladier de verre, etc…
Le cérat était bien, merci pour lui. Moi, j’étais au bord du syndrome chinois.
Et là, foin de modestie, l’idée du siècle, la trouvaille géniale : bain-marie + OMNI (objet à mouler non identifié) = demi-lunes (logique) de cire !
 
Bon, jetons un autre voile pudique sur les à-côtés de l’opération. Deux ou trois détails fâcheux, un chouïa de maltraitance à wok (seule « marmite » assez grande pour accueillir la masse à faire fondre), un plat à four dépyrexé, quelques flaquouilles éparses et résolument collées. Tout ceci n’est rien. Les doléances ne sont pas de saison. Think positive ! Car le résultat est, je ne crains pas de le dire, à la hauteur du mal que je me suis donné…
 
 
Et tant que j’y étais, j’ai fabriqué avec un plaisir assez enfantin deux bougies merveilleusement odorantes. J’attends maintenant le verdict d’une amie-cobaye, à qui j’ai envoyé un échantillon du produit de mon industrie. La pauvre… Elle va être obligée de se pâmer d’admiration et d’en faire quelque chose, maintenant…
 
Bref, me revoici à la case presque départ : j’ai toujours une quantité de cire suffisante pour fabriquer une tonne de baume, mais maintenant, elle est facilement portionnable, comme les surgelés. Au pire, ça fera déco, dans un joli bocal…
 
 
Seul conseil - sérieux - à qui serait tenté, trompé par mon enthousiasme, de reproduire l’expérience enchantée : le démoulage est assuré si l’on prend la précaution d’utiliser de la porcelaine de cuisine, et de lui faire prendre un petit bain de siège frais dès que la cire a figé en surface.
 
Much ado about nothing, n’est-il pas ??
 
Par lunemalo - Publié dans : Petits bricolages - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /Jan /2007 17:36
Ma tenue vestimentaire a long-temps fait le désespoir de ma mère, par ce qu’elle lui trouvait d’excentrique, bien sûr, mais surtout par sa légèreté peu adaptée aux rigueurs hivernales. J’allais en effet le nez (et le reste) au vent, le manteau largement ouvert sur une simple chemise ou un T-shirt… Pas question alors de me le faire boutonner, ou de me faire porter bonnet ou écharpe.
Mais comme dit le dicton, souvent femme varie. Je pourrais incriminer une paresse circulatoire certaine, les transformations physiologiques dues à la maternité, que sais-je encore… toujours est-il qu’aujourd’hui, je suis frileuse comme un chat. À l’inconfort évident que me vaut ce « défaut », je dois ajouter, dès que la température chute en dessous de 10°, la réapparition des symptômes de la maladie de Raynaud1, puis, lorsque l’hiver s’installe vraiment, celle d’engelures² aussi disgracieuses qu’handicapantes.
Les doigts blancs et gourds, comme morts pendant de longues minutes, je connais ça depuis longtemps. Les engelures, en revanche, sont la nouveauté que je dois à notre installation à la campagne. La première est apparue l’hiver dernier, sous la forme d’une enflure rouge sur la dernière phalange de l’auriculaire, accompagnée de démangeaisons et de douleurs. J’ai d’abord cru à une piqûre d’araignée puis à une allergie, avant de comprendre. Le médecin consulté quelques semaines plus tard pour un autre motif a confirmé mon « diagnostic », et m’a proposé de mettre en place un traitement préventif dès l’automne suivant. Mais les médicaments utilisés me paraissent vraiment trop violents pour une affection qui reste supportable, et surtout sans effet curatif réel sur le problème circulatoire sous-jacent.
 
Depuis la semaine dernière, je suis donc en mesure de confirmer l’arrivée de l’hiver ! Mes doigts et mes orteils en témoignent sans erreur possible. Seulement cette année, j’ai décidé de lancer l’offensive contre les mains gelées en mettant au point une contre-attaque musclée.
 
En m’aidant des indications de D. Baudoux dans L’aromathérapie, se soigner par les huiles essentielles, j’ai préparé une synergie d’huiles essentielles double-effet : prévention, par l’amélioration de la circulation périphérique et soin, pour réparer les lésions.
 
La formule est vraiment magique. Trois applications ont suffi pour que l’enflure se résorbe presque entièrement et que la douleur se calme. Les rougeurs ont également disparu. Quant aux « doigts blancs », j’ai pris la précaution de masser mes doigts avant de sortir avec quelques gouttes de la préparation, et malgré le vent froid soufflant hier, j’ai pu arpenter gaillardement les allées du marché sans dommage. J’ai également retrouvé une sensation oubliée depuis longtemps, celle du sang irriguant les doigts jusqu’au bout, et je pense que l’usage de l’huile de calophylle comme support n’y est pas étrangère. Toujours est-il que j’ai vraiment senti un changement, comme si mes doigts avaient retrouvé une nouvelle texture, s’étaient comme regonflés. J’ai donc préparé, en relais de la synergie, un baume de soin constitué d’huile de calophylle et de karité, pour activer localement la circulation et nourrir la peau desséchée par le froid.
 
 
Synergie anti-mains froides
 
1 goutte           Hélichryse italienne
1 goutte           Estragon
2 gouttes          Thym à thujanol
2 gouttes          Mandarine
2 gouttes        HV calophylle inophyle (huile de tamanu)
 
Appliquer 1 ou 2 gouttes sélectivement sur les engelures, ou masser les doigts et orteils avec quelques gouttes du mélange, deux ou trois fois par jour.
 
 
 
Propriétés des huiles essentielles choisies :
 
Hélichryse italienne (Helichrysum italicum) : Cette plante que l’on connaît mieux sous le nom d’immortelle possède une activité anti-hématome sans équivalent. Elle est notamment recommandée en traitement d’urgence après un choc, en cas de phlébite, de couperose ou de varicosités, mais sera également très utile pour traiter certaines affections rhumatismales ou hépatiques ou encore l’hypercholestérolémie.
 
Estragon (Artemisia dracunculus) : Appartenant à la famille des Astéracées (anciennement dénommées « Composées »), l’estragon est originaire de Sibérie, bien que sa floraison nécessite un climat chaud ! Sa capacité à calmer les spasmes est connue, mais on la limite souvent au système digestif, alors que l’estragon est plus polyvalent. On l’utilisera ainsi contre les spasmes d’origine gynécologique, les crampes musculaires, certaines toux ou comme ici, pour « détendre » les capillaires.
 
Thym à thujanol (Thymus vulgaris CT thujanol) : Antibactérien et antiviral puissant, le thym à thujanol est également un activateur sanguin réchauffant. À ce dernier titre, il est particulièrement actif contre les symptômes de la maladie de Raynaud. Les spécificités de son chémotype le rendent indispensable pour traiter une large palette d’indications, notamment hépatiques.
 
Mandarine (Citrus reticulata) : Cette essence est surtout connue pour son action calmante du système nerveux sympathique (notamment par diffusion), qui rend son utilisation intéressante dans diverses affections d’origine nerveuse. Elle est recommandée entre autres pour traiter la maladie de Raynaud.
 
Quant à l’huile de calophylle inophyle (Calophyllum inophyllum), Chantal Clergeaud lui attribue, dans l’ouvrage qu’elle cosigne avec Lionel Clergeaud (Les huiles végétales - Huiles de santé et de beauté), des propriétés antirhumatismales, anti-inflammatoires, antiradicalaires et protectrices du système vasculaire. Extraite par pression à froid des noix d’un arbre qui peut atteindre 20 mètres de haut, elle se classe dans les huiles demi-siccatives : sa conservation est donc relativement bonne. Très anti-inflammatoire (d’où son utilité dans les pathologies rhumatismales), elle est également active dans le traitement local de la couperose.
 
1Ainsi que l’explique D. Baudoux dans l’ouvrage cité plus haut, la maladie de Raynaud est un « trouble de la vasomotricité de l’extrémité des membres, qui seront en premier lieu blancs puis bleus par cyanose, en présence de froid. » J’ajouterai à cette description que la « crise » s’accompagne d’une sensation de doigt mort, parfois presque douloureuse, en tout cas extrêmement désagréable, pouvant durer de longues minutes. Le doigt (ou l’orteil) blanchit effectivement, et on peut constater que la circulation ne se fait plus par simple pression sur la pulpe. D’ordinaire sans gravité, cette maladie peut prendre des proportions plus sérieuses qui imposent un traitement.
 
²D’aspect disgracieux, les engelures sont très douloureuses, et elles sont longues à guérir. On m’a dit à plusieurs reprises qu’elles étaient le signe d’une carence de l’organisme (sans m’indiquer laquelle…), ce que mon médecin n’a ni infirmé, ni confirmé. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’elles sont le triste apanage des personnes souffrant de problèmes circulatoires, et plus précisément de fragilité capillaire. Comme leur nom l’indique, il s’agit de micro-gelures superficielles, entraînant une lésion des tissus (début de nécrose). Elles se localisent généralement sur les extrémités, doigts et orteils, où la circulation superficielle s’interrompt le plus rapidement pendant les périodes froides. Dans certains cas, elles peuvent se compliquer de crevasses, d’où l’importance de nourrir la peau.

MISE EN GARDE
 
Les huiles essentielles, surtout en usage interne, doivent être réservées à l’adulte et aux enfants de plus de 6 ans (pour certaines d’entre elles, il convient même d’attendre que l’enfant ait au moins 10 ans).
L’auto-médication doit se faire avec la plus grande prudence, en raison du risque de réaction allergique et des contre-indications. Il convient donc de rechercher (et de croiser) des informations fiables avant toute prise orale ou application externe d’huile essentielle, et de pratiquer un test de sensibilité en appliquant une trace au pli du coude et derrière l’oreille.
Pour la prise interne, on recommande tra-ditionnellement de ne pas dépasser 1 goutte par 10 kg de poids et par jour (si l’on pèse 50 kg, par exemple, on prendra donc au maximum 5 gouttes par jour). Les posologies plus élevées sont à réserver à un thérapeute confirmé. 
Les indications données ici sont le fruit d’expériences personnelles, dont la répétabilité ne saurait être garantie pour d’autres individus, et ne constituent en aucun cas une ordonnance à suivre aveuglément. Le recours à des thérapies non-allopathiques ne doit jamais faire oublier que Nature n’est pas synonyme de sécurité absolue, et suppose d’effectuer des recherches personnelles, dans un esprit responsable.
Mal utilisées, les plantes et leurs dérivés peuvent être extrêmement dangereux ! Choisis et utilisés avec discernement, ils seront en revanche d’un grand secours, sans les effets secondaires tradi-tionnellement observés avec des thérapeutiques plus agressives. Prenez donc le temps de les apprivoiser…

 
L’hiver est là, sortez (les mains) couvertes !
 
 
 
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Mardi 23 janvier 2007 2 23 /01 /Jan /2007 15:33

Les anniversaires, il y en a tous les jours... On peut fêter sa première dent, son premier che-veu blanc, sa première maison... Le plus dif-ficile serait plutôt de faire le tri dans tout ça.  A ma gauche, le privé-perso-secret tout doux, à ma droite le social-sérieux-obligatoire. Et au milieu, tout le reste... Le classique jour de naissance des personnes qui nous sont chères entre, bien évidemment, dans cette catégorie. Cette semaine, pour moi, aura lieu l'anniversaire d'une de ces personnes. Etrange, d'ailleurs, puisque même si je connais son visage et un peu sa vie, nous ne nous sommes jamais vues. Et pas si étrange, en fait, car le virtuel, par un de ces tours qui lui sont propres, possède un étonnant pouvoir de rap-prochement, et permet, en assouplissant le carcan social si codifié dans la vraie vie, d'aller à l'essentiel de l'humain.

Alors, ces quelques roses virtuelles, Blue, je te les offre pour ton anniversaire, comme une promesse de renouveau. 

Par lunemalo - Publié dans : Lunes et saisons - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
 
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