Non dits

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La peur lui a imposé silence.

Elle a failli à son rôle, le rôle immémorial de la femme, être celle qui sait, celle qui rassure, celle qui ne doute pas. Celle qui ne montre pas sa peur. Elle est redevenue le petit enfant qui serre ses bras autour de lui pour ne pas donner prise. Sans un bruit, elle qui avait l’impression que sa tête était devenue un immense champ de bataille résonnant du fracas de ses pensées. Assourdissant silence. Perdus les mots qui expliquent, qui disent la peur du lendemain, la honte aussi, l’estime de soi qui vacille et se délite au fil des jours qui la rongent comme le plus puissant des acides. Ces jours si longs et si vides, où rien ne l’appelle et où elle n’est pourtant capable de rien. De ces riens qu’elle néglige le reste du temps, par manque de temps, et qui la narguent maintenant. Quelle ironie que de rester les bras ballants alors même qu’on pourrait, qu’on devrait. Mais le poids de la peur est tel qu’il la fige, le corps alenti autour de l’esprit qui voltige comme un oiseau fou. Et puis le rempart a craqué au son d’une voix aimée et elle a dit, en mots hachés grinçant sur les cordes vocales, libérant la peur ainsi qu’on débride une plaie. Elle est entrée en convalescence comme après une grave maladie, elle se remet doucement. Elle a manqué de courage et elle le sait. Elle l’accepte, rien d’autre à dire sur ça. Elle peut bâtir un château avec trois pierres, ça aussi elle le sait, mais cette fois les pierres se sont transformées en sable. Il a fallu qu’on lui dise que ce n’était pas sa faute, qu’on comprenne sans parler, sans juger, pour qu’elle puisse recommencer à avancer.  

Sa voix est encore un peu rouillée, mais elle a recommencé à chanter.

Publié dans Lunes et saisons

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cielo moon 19/01/2009 08:47

Je pense à toi très très souvent, je guette un nouveau billet, des nouvelles de toi... Mais les semaines passent et le silence demeure. Il en faut souvent pour se retrouver, j'espère que tu te retrouves. J'aimerais t'écrire plus longuement, mais j'ai perdu toutes mes adresses e-mail il y a de nombreuses semaines de cela. je me permets de t'embrasser.

eve 17/01/2009 16:33

Je viens par hsard de découvrir votre blog. Je l'ai lu d'un bout à l'autre, sans pouvoir m'arrêter...Je viens à peine de vous découvrir mais déjà vous n'êtes plus là et déjà vos mots me manque. J'ai souvent eu le sentiment que si j'avais votre talent, c'est moi qui aurai pu les écrire...Connaissez vous ce film merveilleux (même si déjà un peu ancien) dont le titre est "Baraka"? Vous aimerez ce film, j'en suis sûre. Rien que pour la musique (Dead can dance et Lisa Gerrard...). Pour moi, ce film est un véritable "médicament"... Quand me tête et mon corps sont envahis par trop de mal être, je le regarde...et je me sens mieux. Si vous ne le connaissez pas déjà, s'il vous plait, esayer de vous le procurer... et j'espère qu'il vous apportera une petite note de réconfort... Bien à vous...et peut être au plaisir de vous relire un jour...

silo 05/01/2009 18:00

je ne sais plus où te trouver avec ce silence assourdissant mais ici peut-être ;)je te souhaite une belle et heureuse année 200neuf et surtout qu'elle réponde à tes attentes en tout genre et qu'elle te fasse recouvrer la voix.je t'embrasse fort

emma 03/01/2009 17:29

Je n'ai jamais excellé dans l'art de lire entre les lignes... je passais juste par ici pour pouvoir te souhaiter une douce année... à bientôt

flo du désert 05/12/2008 16:48

des pensées, d'autant que je me demandais pourquoi je n'avais pas de vos nouvelles créatives... Remettez-vous. A bientôt...