Thé blanc du paradis

Publié le par lunemalo

J’ai acheté récemment le dernier livre de Valérie Cupillard, Cuisiner avec les huiles essentielles et les eaux florales. Je suis absolument et incurablement fan de bouquins de cuisine, j’en possède un nombre respectable (bien que jamais suffisant à mon goût) mais je dois avouer que je connaissais pas encore cet « auteur » pourtant prolifique. Eh bien, il ne sera pas dit que je me serai entêtée dans cette ignorance regrettable, et j’envisage assez sérieusement, au grand désespoir de mon tendre époux qui voit déjà crouler les étagères, de puiser encore dans cette collection, d’autant plus que les titres sont plus qu’alléchants pour qui, comme moi, cherche toujours de nouvelles façons d’accommoder graines, légumes et légumineuses de façon saine et savoureuse, pour contenter ma bande d’affreux plus difficiles les uns que les autres !  

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Cette parenthèse refermée, revenons à ce fameux livre. Tout d’abord, il se lit. Aussi idiot que cela paraisse, ce n’est pas le cas de tous les livres, tant s’en faut... Et c’est d’autant plus vrai avec les livres de cuisine où flotte souvent l’auto-satisfaction tranquillement assumée de l’auteur (quand le ton n’est pas un brin condescendant), au détriment du plaisir du cuisinier en puissance. Ici, par une espèce d’habileté qu’il faut saluer, Valérie Cupillard mêle pédagogie (origine des huiles essentielles, critères de choix, spécificités et nécessaires précautions d’emploi), clins d’œil et conseils judicieux, sans que la simplicité générale de l’ouvrage n’en souffre. Je dois remarquer au passage que ce livre est l’un des rares dont j’ai envie de tester la quasi-totalité des recettes, que sa présentation est agréable et que sa reliure « cousue-collée » lui permet de rester ouvert sans dommage. 

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En attendant d’avoir plus de temps pour me mettre vraiment aux fourneaux (après le déménagement, peut-être...), j’ai testé hier soir le thé à l’huile essentielle de pamplemousse (Citrus paradisii, d’où le titre…). J’avais confié à mon fils aîné, qui passait la journée à Paris, la délicate mission d’acheter les ingrédients nécessaires dont je manquais cruellement, à savoir le thé blanc, évidemment (et pourtant, le thé, ce n’est pas ce qui manque à la maison...) et l’huile essentielle de pamplemousse. Mission accomplie avec brio, il a même pensé à vérifier le nom latin de l’HE !! Donc, hardi petit, me voici plongeant dans l’énorme sachet de Grand Paï Mu Tan (ils doivent utiliser un sachet normalement prévu pour 500 g pour seulement 100 g, car les feuilles de ce thé très particulier occupent un volume conséquent). Pour moi qui n’apprécie pas vraiment le thé vert (et le thé blanc en est un, je l’ai découvert du même coup), l’odeur n’est pas formidablement engageante, mais n’écoutant que mon courage, je suis les indications à la lettre : théière classiquement ébouillantée, gouttes d’huile essentielle soigneusement comptées sur les feuilles pendant que je mets l’eau à frémir. Hop, l’eau est versée et je tournicote impatiemment autour de la théière. Le temps réglementaire écoulé, je verse la première tasse. Couleur « or pâle », première impression olfactive agréable. Je goûte, et... je me tais. Je bois du thé depuis exactement 32 ans, je remplis (et vide) chaque jour deux théières d’un litre, et c’est la première fois que j’apprécie à ce point un thé vert (ou blanc, j’y renonce !) et sans sucre pour couronner le tout (je sais, j’ai honte, mais je ne peux pas m’en passer). Le goût est subtil mais bien présent, avec des arômes qui se développent. Le parfum de l’huile essentielle vient discrètement souligner l’ensemble, et ce petit bonheur inédit fête dignement l’émotion qui l’a précédé.

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Le bel article (et ses intéressants commentaires), vu sur le blog archivé de Beautymist, et celui de Raffa ont confirmé, expérience faite, que ce thé mérite sa réputation (et son prix…), et qu’il devrait tenir une place respectable chez tout amateur de thé qui se respecte.

Conclusion : j’ai fait deux découvertes capitales (pour moi) : le thé blanc (sans sucre, enfin !) et l’arôme parfaitement assorti du pamplemousse. Belle modestie que nous enseigne le divin breuvage… À côté de ça, que l’Italie soit finaliste, pôvre, c’est de la gnognotte ! 

 

Je bois du thé pour oublier le bruit du monde. T’ien Yi-Heng 

 

 

 

 

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Hooly 14/08/2006 12:28

C'est mon thé préféré , mon thé blanc du matin, un grand moment de bonheur! Je n'avais jamais pensé y glisser des he!Bon à savoir, tu peux le faire sécher et le réinfuser 5/6 fois: chaque infusion libère des arômes différents (et ça le rend bien plus économique). Et si tu as l'occasion de trouver du thé jaune, essaye, tu devrais aimer...

lunemalo 23/08/2006 12:04

Je n'ai encore jamais vu de thé jaune, mais c'est vrai que les étagères des boutiques spécialisées sont généralement tellement remplies (chez Mariage, par exemple...), qu'il faudrait prendre pension pour tout découvrir ! Je vais essayer d'en trouver, ça m'intrigue. Ce matin, retour de vacances, j'ai ouvert la boîte où j'ai préparé un peu de ce mélange, l'odeur était divine. C'est aussi très bon avec de l'HE de bergamote (j'ai un faible pour l'Earl Grey aux agrumes, que je "corse" un peu...). Et merci pour le truc, je l'avais lu chez toi, je crois, mais je n'ai encore jamais essayé.

lunemalo 07/08/2006 10:09

Avec beaucoup de retard (pas de connexion pendant 4 semaines...) : je n'ai pas essayé ta suggestion, car les températures extrêmes ne sont pas ce que je préfère, mais vu la saveur du thé ainsi préparé, je pense que ce serait très rafraîchissant !

venezia 18/07/2006 17:58

par ces temps de canicule, je me demande ce que donnerait ta boisson, glacée? Pas mal peut être…