L'AMAP de la Courgette rieuse : mon "fermier de famille"

Publié le par lunemalo

 
 
Petit historique :
 
 
Une AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) est une association formée par un agriculteur (bio ou non) et des particuliers qui s'engagent à lui acheter sa récolte sur une période donnée (en signant un engagement et en réglant d'avance le montant prévu), sous forme de paniers hebdomadaires. La composition de ces paniers (entre 4 et 6 kilos, en moyenne) est fixée par l'agriculteur et varie évidemment selon la saison, la région et les possibilités de culture : pas de standardisation, ni de consommation à contre-saison...
 
Je résume ici les infos données sur le document que l'on m'a remis lors de mon adhésion :
Le concept vient apparemment du Japon, où apparaissent dans les années 60-70 des Teikei (ce qui signifie "mettre le visage du fermier sur la nourriture"), puis se retrouve en Suisse et en Allemagne. Il migre ensuite vers les Etats-Unis en 1985 et y prend le nom de CSA (Community Supported Agriculture). Il se répand rapidement sur l'ensemble du continent nord-américain avant de revenir en Europe, en commençant par l'Angleterre.
Pour la France, 2001 verra le début de "l'Odyssée de l'AMAP", avec la première création dans le Var.
 
Quelques chiffres (début 2004) :
 
Japon :        entre 500 et 1000 Teikei
Etats-Unis :  1700 CSA
Angleterre :  90 CSA
Québec :      60 CSA
France :       50 AMAP
 
De par le monde, on recense également un certain nombre d'initiatives similaires.

 

 

Fleur de courgette tirée de ce site 

 

Un "fermier de famille"

Notre AMAP, la Courgette rieuse (le site est en cours de construction, mais l'association peut être jointe par mail : info@courgette-rieuse.fr), produit des légumes bio (un exploit en Brie, fief de la culture nitrato-pesticideuse), propose des paniers (à 13 €) ou des demi-paniers (voire des paniers occasionnels, même si ce n'est pas le principe initial) et fonctionne par engagement semestriel. 

L'idée est de mettre en place un roulement, chaque participant prenant tour à tour le panier des autres. Ceci étant, jusqu'à présent, j'avoue que j'aime y aller chaque semaine, même s'il faut faire 20 kilomètres pour arriver au hameau de Toussacq : la route est belle, ponctuée de champs et de bosquets, on traverse des bourgs tranquilles, on suit quelques instants le cours paresseux de la Seine... À l'arrivée, l'ambiance est tranquille, chacun relève ses manches pour remplir son panier en suivant les indications de la grande ardoise, caresse le chien de la maison qui va de l'un à l'autre en agitant placidement la queue, échange quelques mots (beaucoup se connaissent déjà) avec les autres ou avec Jean-Louis, l'agriculteur, qui parle des récoltes à venir pour l'automne et l'hiver, fait visiter la serre où poussent les différentes variétés de tomates (et en croque une à l'occasion) et décrit de sa voix calme sa chasse aux insectes ou les problèmes d'irrigation.

Cet été, nous avons trouvé dans nos paniers : des courgettes de diverses variétés, des pommes de terre, des aubergines, des poivrons, des salades, des tomates (dont des Rose de Berne magnifiques), des concombres, des piments (Espelette et Cayenne, pour un petit air de côte basque en Ile de France), des mottes de basilic et de ciboulette immédiatement replantées au jardin, des carottes...et quelques limaces et insectes bien vifs !

 

Pourquoi adhérer à une AMAP ?

De mon point de vue, deux raisons se disputent la première place :

 > Contribuer au niveau individuel à la survie des petites exploitations, dont l'objectif premier n'est pas de réaliser un profit maximal au détriment de l'environnement, de la qualité des produits, du respect - tout simplement - de la nature et de l'homme. Quelque part, on est dans la même démarche quand on achète ses livres chez son libraire de quartier, ou son pain chez un vrai boulanger.  

> Consommer des produits sains, bio si possible, fraîchement cueillis et de saison (je râle toujours quand je vois sur les marchés d'hiver des fraises ou tout autre fruit totalement « déphasé »).  

Et puis d'autres motivations peut-être moins immédiatement évidentes, mais qui ont néanmoins leur importance :   

> Essayer chaque fois qu'on en a l'occasion de limiter son impact secondaire sur l'environnement (et le transport des denrées alimentaires est lourd sur ce plan)

> Cesser de se placer en « client » tout-puissant pour revenir à une notion d'échange et donc de respect mutuel

> Consommer intelligemment : la démarche de s'engager à acheter chaque semaine son panier (ou demi-panier) a des corollaires imprévus : une vigilance accrue sur l'utilisation rapide des légumes, une créativité culinaire stimulée (un livret de recettes est d'ailleurs en projet), en résumé une attitude plus responsable   

> Joindre l'exemple à la parole, ou comment réaffirmer au jour le jour auprès des enfants l'importance d'une implication réelle dans le choix de ses aliments et la protection de l'environnement

 

Les AMAP en pratique  

À ma connaissance, outre le bouche à oreille (très efficace dans mon cas), il existe deux principaux moyens de trouver AMAP à son panier :  

> Les sites régionaux : en Ile de France, www.reseauamapidf.org  

> L'Annuaire professionnel de l'Agence Bio, un site qui recense les professionnels de la bio (j'ai vérifié par acquit de conscience, le producteur de mon AMAP y figure) et par recoupement, ceux qui appartiennent à une AMAP.

 

 

 

 

 

 

Et pour conclure, le panier (sans le panier) de la semaine dernière (photo malheureusement moins appétissante que le contenu réel : 2,5 kg de tomates variées, 3 salades, 1 chou rouge, 1 botte de bettes, 1 de carottes, 1 de navets, 1 belle courgette, 1 aubergine, 1 piment de Cayenne qui n'ira pas rejoindre ses semblables qui sèchent sur l'armoire et 1 concombre) 

 

 

 

                                                    La La déco comestible

                                              

                                                     

 

                                                      Le basilic vert...

 

 

 

 

 

 

...et violet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans BEP : Bio Ecolo Phyto

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sophie 07/10/2009 18:02


connaissez vous l'amap de la courgette rieuse? font ils des paniers? comment cela se passe?