Comment la cosmétique vient aux femmes...

Publié le par lunemalo

Ce n’est pas à moi qu’il faut poser cette question. Le tartinage de museau, les tests frénétiques de crèmes et autres onguents ma-giques, censés transfor-mer le pire des laiderons en princesse rayonnante, ne sont pas mon fort. Mais il semble tout de même, les statistiques ne me démen-tiront pas, que crémage et maquillage sont les deux mamelles de la gent féminine.
 
Soit. Ma mère n’était pas du genre. Elle était même plutôt, j’ose le dire, goguenarde devant les pots, tubes et flacons recélant les produits de beauté pour lesquels nombre de ses congénères se damneraient sans la moindre hésitation. Je lui dois certainement un intérêt proche du zéro absolu pour les nouveautés cosmétiques qui nous tonitruent à longueur de magazine qu’il est si simple d’être belle. En oubliant soigneusement de nous dire qu’en signant au bas du contrat, nous refusons obstinément de lire les petites lignes. Celles qui nous montreraient, pour peu que nous sachions les décrypter et en ayons le courage, que la beauté a souvent des relents de chaudron diabolique.
 
Mais voilà, après deux garçons se souciant assez peu de la chose, une petite princesse a pointé son nez. Et deux ans à peine ont suffi pour que germe et s’épanouisse dans sa jolie tête l’intérêt passionné de la femme pour la cosmétique. La boucle se refermant étrangement, j’y suis probablement pour quelque chose, puisque tous les produits que j’utilise pour sa toilette sont home-made, et conservés dans des flacons ou des petits pots choisis et parfois ornés spécialement pour elle. Son grand plaisir est de les toucher tour à tour, de mimer le pschitt du spray, de se passer maladroitement un peu de baume sur les joues ou de demander à sentir, pour la millième fois, le parfum délicieux de l’eau de jasmin.
 
Alors, pour les princes et les princesses qui naîtront en 2007, et je pense notamment à certaine petite Lylette, voici les formules très simples que j’ai imaginées pour ma fille, rose parmi les roses... Bien sûr.
 

 
 
 
 
Rosée nettoyante
 
Le nom de ce produit est un clin d’œil à Michèle, dont j’admire sans réserve les talents de sorcière et la grande générosité. Je l’utilise principalement pour le change, même dans les cas…difficiles, mais il convient parfaitement pour le nettoyage des mains et du visage. Dans ce dernier cas, tapoter doucement avec un mouchoir ou un linge fin pour sécher.
 
Ingrédients (pour 150 ml)
65 ml d’hydrolat (au choix, après test cutané préalable et selon le besoin : rose, fleurs d’oranger, camomille romaine, lavande)
20 gouttes d'extrait de pépins de pamplemousse (EPP)
 
 

Dans un spray de 150 ml parfaitement propre, verser l’hydrolat et l’eau minérale. Compter 20 gouttes d’extrait de pépins de pamplemousse. Fermer et secouer pour mélanger.
 
 
Lotion douce biphasée
 
Cette formule plus « élaborée » répond au besoin d’avoir un produit de soin nettoyant capable de calmer les irritations légères du siège avant qu’elles ne dégénèrent. Je voulais donc qu’il nettoie l’épiderme (hydrolat), favorise sa réparation (plasma de Quinton isotonique, voir le pourquoi du comment chez Pescalune) et le protège (huile végétale). L’intérêt de cette formule deux-en-un est que la couche d’huile qui surnage isole physiquement la partie aqueuse susceptible de se dégrader, et contribue à retarder, sinon empêcher, la contamination microbienne. Il suffit d’agiter le flacon avant application pour unifier temporairement les deux phases. Au passage, on admirera la nébuleuse beauté des milliers de gouttelettes en suspension…
Il s’utilise également sur le visage, et laisse après application (inutile d’essuyer) un voile d’huile protectrice et un parfum absolument divin, pour des joues à croquer.
 
Ingrédients (pour 150 ml)
120 ml d’hydrolat (au choix, après test cutané préalable et selon le besoin : rose, fleurs d’oranger, camomille romaine, lavande)
20 ml d’huile végétale (j’utilise du jojoba golden dans lequel ont macéré, merci Venezia de cette magnifique idée, des pétales de rose de Provins et de la vanille). Le parfum est…indescriptible. Le macérat de calendula dans du tournesol est également intéressant pour ses propriétés régénératrices de l’épiderme. L’huile d’amande douce est classique pour les enfants et intéressante pour sa douceur et sa finesse, mais je l’évite sauf dans le cérat pour sa tendance à rancir rapidement et son caractère potentiellement allergène. Ma fille supporte en revanche très bien le macérat de vanille, cette dernière étant pourtant allergène chez 1 personne sur 3. L’arôme est évidemment délicieux, surtout mêlé à celui de la rose, mais je j’ai principalement choisie pour les propriétés de conservation qu’on lui prête, et auxquelles l’industrie cosmétique s’est dernièrement intéressée de près.)
1 ampoule de plasma de Quinton isotonique
 

Verser l’hydrolat et le plasma de Quinton dans un flacon de verre stérilisé. Agiter. Verser l’huile, boucher soigneusement. Avant chaque utilisation, agiter vigoureusement pour homogénéiser les deux phases, verser sur un disque de coton ou une lingette lavable et essuyer la peau délicatement, sans tirer.
 
 
Baume lavande
 
Ma fille a très rarement eu les fesses rouges, mais toutes les mamans connaissent ce fameux érythème si douloureux et si délicat à soigner. La prévoyance légèrement hystérique étant ma deuxième nature (Rousseau, à moi !), je voulais quelque chose pour réparer la peau vite et bien, en cas. Plusieurs aromathérapeutes recommandent la lavande fine (Lavandula officinalis), qu’ils considèrent comme totalement inoffensive, pour le soin des bébés. Je n’ai pas leurs compétences et j’utilise les huiles essentielles avec grande prudence. Je préfère donc m’abstenir totalement pour la princesse. Où le fameux principe de précaution va se nicher, on n’a pas idée…
 
Je connais et j’utilise pourtant très souvent les lavandes, et je m’émerveille toujours de leur puissance d’action, de leur douceur et de leur force, de leur polyvalence. Autant dire que je rageais de voir ma fille privée de ce merveilleux vulnéraire. Dans son catalogue, Sylviane Reina propose, entre autres magnifiques produits, une macération solaire de lavande dont elle m’a confirmé les propriétés réparatrices. Des propriétés que j’ai pu vérifier par moi-même rapidement, car, par un hasard étonnant, ma fille a souffert d’un érythème fessier impressionnant et… providentiel quelques jours après que j’ai reçu ma commande. La peau était « entamée », rouge et douloureuse. Après la toilette de l’après-midi, j’ai appliqué un peu d’huile, sans insister. Au change suivant, la peau était nettement moins rouge, la zone irritée s’était réduite, et surtout ma fille ne manifestait plus aucune gêne ! Le lendemain, la peau avait repris une couleur normale, et le plus étonnant, c’est que j’ai pu voir des marques de « cicatrisation », la lavande ayant littéralement cautérisé l’épiderme dont l’aspect quasi-suintant de la veille avait totalement disparu. L’huile de lavande fait désormais partie de la pharmacopée familiale, car elle peut bien évidemment être utilisée pour une foule d’autres usages au quotidien, notamment en cas de brûlures ou d’irritations. Le résultat est vraiment miraculeux, la peau se répare pratiquement à vue d’œil (sans marques persistantes) et l’effet antalgique est réel. À avoir donc toujours dans sa trousse d’urgence.
Comme ce n’est pas toujours pratique de trimbaler un flacon d’huile avec soi, même s’il est muni d’un compte-gouttes, j’ai préparé un baume plus « soft » à emmener dans le sac, à utiliser pour les bobos légers ou lorsque l’on veut nourrir particulièrement la peau (par exemple en cas d’eczéma).
 
Ingrédients (pour un tout petit pot)
15 grammes de beurre de karité non raffiné (le mien, d’odeur riche et pénétrante, vient de chez Akamuti, tout comme le jojoba golden)
15 ml de macérat de lavande
 
Si le baume n’est pas destiné à des enfants, on peut ajouter 7 gouttes d’HE de lavande fine.
 

Faire fondre le karité au bain-marie. Retirer du feu et laisser tiédir. Ajouter le macérat, mélanger. Si l’on ajoute de l’huile essentielle, attendre que le mélange soit presque froid (mais pas encore figé). Verser dans un petit pot. Comme pour tous les produits (et à plus forte raison lorsqu’ils sont fabriqués maison et ne contiennent donc pas ou peu de conservateurs), utiliser de préférence une spatule propre ou une cuillère en porcelaine pour prélever le baume.
 
 
 
 
Voilà donc en trois produits simples à fabriquer et à utiliser, délicatement parfumés et surtout vraiment efficaces, le beauty case de ma princesse. J’y ajoute un vaporisateur d’eau de jasmin pour parfumer délicatement ses vêtements ou ses cheveux (sur la peau j’évite, à regret, en raison des solvants utilisés), un baume nourrissant (cire d’abeille, beurre de cacao et huiles végétales) à tout faire, et un mini-flacon d’huile de noisette pour le « petit pouce », régulièrement irrité d’être trop sucé… Cette huile régénère en effet rapidement la peau et peut être ingérée sans risque.
 
Après, l’ivresse importe peu, pourvu qu’on ait le flacon…
Source livre ancien
 

Publié dans Le chaudron

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Lyla 11/06/2007 21:29

Dire que je ne découvre ton article que maintenant...En tout cas, ma Lylette va bientôt bénéficier de tes précieuses recettes ;-) Bises

venezia 20/02/2007 07:17

Quelle merveilleuse  trousse… avec cette panoplie, ta princesse débute bien dans la vie…

lunemalo 22/02/2007 15:47

Bien, je ne sais pas, mais naturellement c'est sûr (et c'est un peu grâce à toi, aussi...)

michele 14/02/2007 09:42

Tu as dü tomber dans la marmite petite et on te l'a caché...Superbe plume comme d'habitude, je me régale!

lunemalo 22/02/2007 15:46

Venant de toi, quel compliment ;-))

missand 13/02/2007 11:59

Ha ben tiens.... tu tombes bien toi ! ;-)

lunemalo 22/02/2007 15:46

À ta disposition quand tu veux ! J'ai un peu de temps pour te faire de jolis flacons...