Petit dîner pour soir d'hiver...

Publié le par lunemalo

Alors que ce drôle d’hiver s’apprête à tirer sa révé-rence, gri-saille, pluie et vent se liguent com-me pour nous annon-cer un prin-temps tout aussi désagréable. Je ne suis pas de celles qui s’épanouissent dès que les tendres pousses font une apparition timide, je l’ai déjà expliqué, mais tout de même, les quelques jours radieux de la semaine dernière, les premiers chants d’oiseaux, têtus et victorieux, les jeunes feuilles encore recroquevillées des rosiers m’ont donné une furieuse envie de douce chaleur et de sorties champêtres.
 
Il semblerait que ma patience soit encore soumise à rude épreuve… En attendant la belle saison, donc, et son cortège de tomates sucrées, d’herbes et de fruits délicieux, j’ai eu envie de préparer un dîner sobre mais réconfortant, simple mais raffiné, histoire de profiter – au moins – de plaisirs gustatifs qui ne seront bientôt plus de saison.
 
Pour se mettre en bouche, et se réchauffer les intérieurs à la manière d’un Gargantua passé à la moulinette diététique, un bouillon de légumes frais, avec petit émincé de champignons bruns pour la touche japonisante. Puis ma purée irlandaise. Je dis « ma », toute modestie bue, car j’ai modifié la recette (donnée par un irlandais pure souche, rien de moins) découverte un soir où, comme d’habitude, je tournicotais à la recherche d’une occupation impérative qui justifierait ma répugnance à aller me coucher… Un petit mesclun au vinaigre de framboise et pour finir, un quatre-quarts au cœur de praliné fondant.
 
Le bouillon, je ne vous ferai pas l’injure…
Le mesclun... passons encore.
 
Le quatre-quarts itou, tout praliné soit-il…
 
Alors, la purée irlandaise, me dira-t-on ? Eh bien, l’Irlande est un pays où la pomme de terre a (eu) droit de vie et de mort (et où malheureusement, on en arrive aujourd’hui à ça…). Et il est étonnant de constater, une fois de plus, que la sobriété alimentaire imposée par la pauvreté offre aux nantis bien nourris que nous sommes des recettes ancestrales savoureuses, dignes de figurer sur la table d’un Passard.
 
La recette est rapide à réaliser et simplissime. Pour 3 personnes, compter un bon kilo de pommes de terre (après épluchage), un demi-bouquet de cerfeuil ciselé (avec une partie des tiges), 3 échalotes longues finement émincées, 250 ml de lait et environ 50 g de beurre.
Pendant que les pommes de terre coupées en cubes cuisent dans l’eau salée frémissante (une vingtaine de minutes, elles doivent être tendres sans s’écraser), verser le lait dans une casserole, y ajouter beurre, cerfeuil et échalottes, saler et poivrer. L'amener à ébullition, couper le feu, couvrir et laisser infuser.
Égoutter rapidement les pommes de terre, les écraser au presse-purée manuel sans chercher à obtenir absolument quelque chose de lisse, l’un des plaisirs de ce plat tenant aux différences de texture. Incorporer en plusieurs fois le lait chaud, jusqu’à atteindre la consistance voulue. Rectifier l’assaisonnement et servir sans attendre. Si l’on aime vraiment le beurre, on peut en placer un autre morceau sur le dessus de la purée, qui fondra sur le chemin entre le fourneau et la table…
 
Cette purée a un goût inimitable, même si elle est tout de même raisonnablement roborative. Accompagnée d’une salade, elle peut se suffire à elle-même pour un dîner léger, mais on peut évidemment la servir en complément d’un légume vert, d’un plateau de fromages, d’un poisson ou d’une viande. J’ai testé la version originale (avec des oignons de printemps, difficiles à trouver), fait une variante avec de la ciboulette fraîche (proche des fameux oignons de printemps), pour conclure que le cerfeuil et son arôme très finement anisé-herbacé a ma préférence.
 
En images :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La purée a été dévorée sitôt servie, donc pas de photo…
 
En revanche, un petit aperçu, non pas des quatre-quarts, mais de leurs homologues au yaourt, faits d’après la délicieuse recette d’Adrien trouvée sur le blog non moins délicieux de sa charmante Tourterelle de mère :
 
 
 
 
 
Photo den-tête tirée de ce site

Publié dans Papilles

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poesie 21/03/2007 08:06

Oh tu me ferais pas une tite assiette de purée régressive ? suis mal fichue ce matin...

lunemalo 21/03/2007 11:29

Ma Poésie, je te fais toutes les purées que tu veux, régressives ou pas... Et des bises, pour les accompagner...

venezia 20/03/2007 20:50

C'est quasiment une invitation à diner… Les purées rustiques, j'adore aussi… j'écrase même les pommes de terre à la main pour avoir de la matière… Merci pour le lien du ravissant blog de tourterelle…

lunemalo 21/03/2007 11:28

Quand tu veux, ma chère Venezia...
Je te rejoins sur la texture, mais je n'utilise pas de fourchette, que je remplace par ce drôle d'instrument rond à manche qui fait des vermicelles...
La Tourterelle est un charmant oiseau...