Éloge du topinambour

Publié le par lunemalo

Si vous voulez faire frémir vos (grands-)parents, chuchotez-leur « topinambour » à l'oreille. Au hit-parade de ses affreux souvenirs d'enfant ayant vécu la guerre, ma mère place celui des topinambours en très bonne position. L'explication est très simple, le topinambour ne fait pas d'histoire, non madame. Il s'accommodera de tous les sols, même très pauvres, pour croître et s'épanouir, il ne redoute ni les maladies ni les prédateurs, et le gel ne l'atteint pas tant qu'il est en terre. Avec ça, rien d'étonnant à ce qu'il ait fait les beaux jours, avec les rutabagas, de la sombre époque du rationnement.
 
Le topinambour mérite pourtant un peu de considération, car outre sa rusticité de bon aloi, il peut être consommé sans risque par les diabétiques. Les glucides qu'il contient (principalement de l'inuline), en effet, ne sont pas assimilables par l'organisme, contrairement à l'amidon de la pomme de terre (attention tout de même en cas de fragilité du côlon, car l'inuline peut entraîner une légère irritation). Également riche en vitamines et sels minéraux, ce végétal injustement boudé est donc un champion diététique, et il est... délicieux.
 
Une de nos amies, heureuse propriétaire d'un jardin en terrasses aux dimensions absolument indécentes (et qui ouvre, pour fêter le printemps, un merveilleux gîte dans son incroyable maison), nous en a amené tout frais cueillis. Belle occasion de goûter enfin ce légume à l'allure tourmentée (vendu désormais chez les maraîchers un peu chic, qui profitent de la bobo-bêtise de leurs clients pour vendre le tubercule au prix de l'or...). L'occasion faisant le larron, j'ai découvert au passage que le topinambour (Helianthus tuberosus L.) appartient à la famille des Astéracées, celle des tournesols (Helianthus annuus L.), des chardons, des pissenlits... Histoire de redorer un peu son sinistre blason.
 
Nous les avons dégustés très simplement, après les avoir épluchés et blanchis rapidement, puis fait mijoter dans un fond de bouillon parfumé agrémenté de beurre et de pluches de cerfeuil. Un peu de sel aux herbes et de poivre suffisent pour apprécier le léger goût d'artichaut et la texture mi-ferme, mi-fondante de ce légume. J'essaierai d'en faire à ma mère... pour la réconcilier avec son histoire.
 
 
 
 
 

Rappel des valeurs nutritionnelles

 

Énergie

31 calories/100 g

(contre 85 pour le même poids de

pommes de terre)

Fibres Teneur élevée : 7 à 8 %
Minéraux

Teneur élevée (notamment

en potassium et magnésium) 5,5g/100 g

Vitamines groupe B

Entre 5 et 20 % de l'apport journalier recommandé/portion de 150 g

Eau de végétation (79 % du total)

Bien équilibrée en minéraux (pour 100 g) :

478 mg de potassium

3 à 5 mg de sodium

78 mg de phosphore

20 mg de magnésium

Ces valeurs sont nettement supérieures à la plupart des autres légumes. Il faut également noter que le rapport sodium/potassium est très bas, ce qui fait du topinambour un légume ayant des propriétés diurétiques intéressantes.

 

Publié dans BEP : Bio Ecolo Phyto

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ariane 27/03/2007 23:30

j'ai découvert ce légume il y a peu et j'ai été plus qu'agréablement surprise. Chaque semaine je teste une nouvelle recette

lunemalo 01/04/2007 17:50

Bienvenue Ariane. Pour ma part, j'ai encore des tas de manières de le préparer à découvrir, mais comme pour toi, la surprise a été d'autant plus agréable que je n'adore pas l'artichaut (et que le goût du topinambour s'en rapproche tout de même).

missand 21/03/2007 13:51

Prout !tiens, vas voir ma recette, en velouté, c'est délicieux aussi !!! : http://flaneries.canalblog.com/archives/2006/01/06/1191153.htmlbises

lunemalo 01/04/2007 17:49

Faut que je me dépêche, la saison se termine ;-)) 

venezia 21/03/2007 11:47

Lunemalo, ferais-tu une fixette sur le cerfeuil?

lunemalo 21/03/2007 11:51

Tu as remarqué ? J'ai mis très longtemps à utiliser cette herbe, bizarrement... alors que je l'adore...