Andalucía memories

Publié le par lunemalo

Tiraillée que je suis entre nord sauvage et sud farouche, je réconcilie parfois mes origines lorsque je me mets aux fourneaux. L’été est propice à certains délices de l’enfance, comme le pain à l’andalouse de mon père ou le gaspacho que l’une de ses sœurs préparait par litres entiers au plus chaud du mois d'août pour son époux qui en faisait ses délices. Je garde un souvenir malicieux de mon oncle plongé jusqu'à mi-corps dans le réfrigérateur, à l'heure où hommes et animaux se retirent à l'ombre pour fuir la touffeur intolérable de l'après-midi, se régalant en silence et, croyait-il, en secret, de l’élixir parfumé qui reposait en attendant la dégustation.
 
Étrange affaire que ces souvenirs d’enfance, à la force intacte après tant d’années, et qu’un arôme ou une texture suffisent à réveiller.
 
C’est l’été… Ne riez pas, même jaune, derrière votre col roulé. Donc, légumes d’été. Donc… gaspacho.
 
Je suis dans un jour de bonté, il faut en profiter, ça n’arrive pas si souvent… Voici donc LA recette familiale, testée, éprouvée, savourée, faite et refaite au cours des années par les femmes de la branche paternelle. Et que je vous livre aujourd’hui. Non gaspacho-addicts (pauvres de vous), passez votre chemin !
 
 
Pour un bon litre de gaspacho, peler et concasser trois belles tomates (des vraies, pas ces machins hydroponiques de la honte venus… d’Espagne, justement), tailler en petits cubes un poivron (pas vert, de préférence, pour éviter de communiquer une amertume désagréable au gaspacho) et un concombre (non épluché. Là aussi, tâchez d’en trouver un vrai. Sans parfum délicat de concombre, un gaspacho est une chose sans âme), éplucher et couper 1 ou 2 gousses d’ail (impérativement dégermées), émincer grossièrement ½ oignon. Mettre tous les légumes dans le bol d’un blender, mixer une première fois. Ajouter de l’huile d’olive bien fruitée, quelques gouttes de jus de citron (à doser selon le goût), du sel, du Tabasco si l'on veut relever un peu le tout (je préfère le vert, qui donne un parfum intéressant sans tout emporter sur son passage), de l’eau (je dirais 250/300 ml, mais à voir en fonction de l’eau de végétation des tomates, et de la texture désirée). Et mixer jusqu’à obtenir la consistance souhaitée, plus ou moins lisse.
 
Après avoir rectifié l’assaisonnement, l’idéal est de réfréner la pulsion sauvage qui vous pousse à vous envoyer la moitié du bol, juste pour goûter, et de remiser la chose religieusement au frais pendant quelques heures. Ceci étant, tout de suite c’est bon aussi…
 
 
 
 
 

Publié dans Papilles

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lecomptoir 04/08/2007 01:15

Waouh ! Une recette qui a l'air facile & bonne ! Miam ! Je teste ça à mon retour...

venezia 31/07/2007 14:50

Waou, j'adore le gazpacho, ça me rappelle des virées andalouses, ta recette dans les règles de l'art fait saliver… Commentaire de curieuse: tu ne peles pas les concombres ? (je suis petite nature, je digère mal la peau) de meme pour le poivron, il faut vraiment un  rouge et mûr ( pas de Hollande)… Je rajoute parfois un trait de Jerez… A une époque, je faisais entrée chic en rajoutant dans chaque assiette froide, une grosse crevette grillée chaude (ou meme, j'ose à peine le dire ici, une demi-caille laquée au soja). Il y a aussi la variante salmorejo  (avec mie de pain et jaune d'œuf durs ajoutés dans le blender)