4 fois par jour

Publié le par lunemalo

4 fois par jour. Aller, retour, les mêmes gestes, petits cahots sur les pavés, vite traverser entre les voitures pressées du matin, retrouver tout de suite le calme de la rue des Porcelets, quel drôle de nom… tourner à gauche, marquer l’arrêt au-dessus de la rivière, compter les canards qui arrivent en escadrille pour le pain quotidien, tiens le blanc, là, on ne l’avait jamais vu ?
Laisser les bruyants coin coin derrière soi, traverser l’autre rue, tourner à droite. Le porche vert, la première cour ­– celle des plus grands ­– continuer jusqu’à la deuxième, celle des petits. La boucle est presque bouclée, reste à déposer dans deux bacs séparés le petit sac aux doudous, puis celui du goûter, faire un bisou, deux, pour retarder encore quel-ques instants le moment où il faudra rester là sans maman. Encore bien petite au milieu des autres, sûrement LA plus petite, puisque les enfants entrés cette année sont nés pendant l’année 2004. Mais elle, à trois jours près, c’est en 2005 qu’elle naissait.
Qu’importe, déjà les jours s’enchaînent et avec eux les nouvel-les habitudes, les vi-sages déjà familiers, Marie-Jo qui accueille et console, la maicresse toute jeunette, le cahier du vendredi et son bonhomme qui sourit. L’école fait désormais partie du paysage de sa vie, et la voilà au seuil de merveilleuses années de découvertes, de doigts tachés d’encre, de livres et de cahiers. Déjà, elle « écrit » très sérieusement son prénom sur l’ardoise de la chambre et parle d’un ton docte à son éléphant. Et comme on l’avait prédit, le soleil illumine ces journées si riches, même si le vent s’est mis de la partie et qu’il a fallu, déjà, cacher le cou nu sous le joli fichu de laine.
Bien sûr, le rythme de la maisonnée est un peu chamboulé et une organisation plus stricte s’est mise en place. Préparer le soir les vêtements du lendemain, une compote pour le goûter, faire une toilette de chat – rose et vanille, cheveux qui brillent – puis, petite coquetterie nouvelle, s’admirer dans le grand miroir posé, tendre la jambe comme pour danser (est-ce à l’école qu’elle a fait cela ?), allez maman, on y va !
 

 

Publié dans Lunes et saisons

Commenter cet article

Julie 10/10/2007 12:44

Bonjour,
Je découvre votre site aujourd'hui et je ne me lasse pas de vous lire. J'ai suivi le petit caillou laissé sur le blog de la princesse au petit pois...
Merci pour ces jolis moments de poésie quotidienne
Bien à vous
Julie
 

Gaëlle 03/10/2007 23:40

ça y est, elle a commencé une longue aventure.
puisse-t-elle garder d'aussi bons ouvenirs que moi de l'école...

lunemalo 04/10/2007 21:42

Cet après-midi, elle s'est envolée dans la cour sans même un regard, toute à sa joie, puis elle s'est souvenue quand même, vite un baiser, un signe de la main, elle avait disparu...

venezia 01/10/2007 12:41

quelle balade dans l'enfance… j''y suis…

lunemalo 04/10/2007 21:41

Il y a des chemins de traverse, ici... Un pas de côté et on bascule...

E.M..A. 27/09/2007 10:54

Quel beau texte tu nous offres encore, avec pour ma part les souvenirs de premiers jours de classes de petits vus du côté de la "maîcresse" qui affluent, tout aussi tendres et plein de promesses pour les enfants qui venaient faire un petit bout de chemin en ma compagnie.

lunemalo 30/09/2007 15:47

Ainsi tu ne fais pas (n'as pas fait) que broder ;-))
C'est intéressant d'avoir l'autre point de vue.

michele 27/09/2007 09:50

Un fichu de laine... C'est si joli ces mots que l'on n'emploie plus guère.N'es-tu pas la plus stressée/émue  des deux, pour cette rentrée?

lunemalo 27/09/2007 09:58

Il y en a tant de ces mots, autant de petits bonheurs discrets. Et puis c'est vraiment une manière de fichu, tu sais, tout en dentelle de laine, fabriqué à l'ancienne en Irlande et acheté un prix totalement indécent chez les 3 cerises  ;-))
Stressée ? Oui, sans doute, émue aussi, c'est très différent les filles...