27 octobre

Publié le par lunemalo

Quatre années se sont écoulées. Quatre an-nées, depuis celle où elle a dit deux fois oui à celui qu’elle avait choisi pour mari, et entre ces deux oui, six mois de secret. Près d’une demi-année à vivre dans la clandestinité. Personne ne savait, et elle, pen-dant ce temps, elle ap-prenait son nouveau nom. On leur en avait voulu d’avoir joué les cachottiers, ils n’avaient pas vraiment compris. À leur âge, bien sûr, ce n’était pas très rai-sonnable de raconter des histoires. Sauf que, l’histoire, c’est à eux-mêmes qu’ils l’avaient racontée. Et ça les avait bien amusés, de vivre ces six mois cachés.

 

 

Lui a mis sa belle chemise blanche, comme pour ce premier vrai dîner d’amoureux après son retour. Elle a choisi une jupe que toutes les Japan couture addicts s’arracheraient si elles la voyaient. Noire, caressant le mollet, satinée comme un Liberty et joliment ceinturée d’une sorte de panier. Le matin, au marché, elle a établi un menu simple mais un peu raffiné, choisi de bons produits, acheté les gâteaux chez le meilleur pâtissier. L’après-midi est vite passée, un peu de balançoire pour la princesse au square, le long de la rivière, le dernier panier à l’AMAP et déjà la nuit était tombée.

 

 

On a dressé une jolie table pour deux, les garçons avaient dîné de leur côté, puis profité de ce moment un peu hors du temps, comme ça n’arrive pas souvent. Elle se sou-vient du mariage reli-gieux, du ravissant petit château où ils avaient reçu leur fa-mille, de la féerie en blanc et gris à la lueur des bougies. Elle n’avait pas eu faim ce soir-là, c’est si loin déjà. Et il faisait si froid. Elle se souvient qu'elle grelottait dans la jolie robe de princesse médiévale - velours craie et soie rebrodée - qu’elle avait dessinée et qu’une costumière de théâtre avait cousue pour elle, presque sur elle. Pour se réchauffer, elle avait enroulé autour d’elle une longue étole de shantung gris, mais ça n’avait pas suffi. Qu’importe, le village était bien joli, dans son habit d’automne, comme le château qui resplendissait de toute sa vigne vierge rougie. Très émue, sa mère lui avait dit « c’est comme un conte de fées ». Aujourd’hui, le conte de fées a laissé place ‑ souvent pour le meilleur ‑ à la réalité, et ils ont passé une très douce soirée.

 

 

Publié dans Mémoire

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Cielo Moon 31/10/2007 21:54

Ton texte est très beau... touchant :)

lunemalo 04/11/2007 17:20

Merci de ta visite, et de ce gentil commentaire...

Prudence 31/10/2007 09:53

Jolie histoire, Lune. Merci de l'avoir partagée avec nous.

lunemalo 04/11/2007 17:20

Merci Prudence...

venezia 30/10/2007 10:28

mariage en gris souris… pas mal comme idée si je me décide un jour… bon anniv bises V.

lunemalo 31/10/2007 08:55

Une souris au pelage bien lustré...

CASA DOLCE CASA 30/10/2007 00:34

Bon anniv un peu en retard! oups! ; )bisousCasa

lunemalo 31/10/2007 08:56

Même en retard, c'est toujours aussi agréable, merci !

silo 29/10/2007 20:09

c'était votre anniversaire de mariage?
un beau moment à n'en pas douter, on sent tout ça à travers tes mots.

lunemalo 31/10/2007 08:57

Oui, le quatrième (ou le huitième, ça dépend comment on compte...). Un beau moment, dans une période très chahutée. Une vraie répétition de la vie...