Dimanche 3 février 2008

Recevoir - par hasard ? - un message qui ne vous est pas destiné. 

Très court, tout simple, quelques mots rapidement jetés. Apprendre un peu plus tôt que prévu que l’espoir chemine, 

Vers un horizon qui dessine quatre lignes. 

Un rêve qui prend corps mais hésite encore, 

Le pied déjà levé, à franchir le mur de la réalité.

Se dire que la chance n’arrive pas pour rien et qu’elle est bien méritée. 

Bonheur timide et déjà l’impatience. 

Cachée derrière le miroir, petite souris blanche.

Le beau dimanche.

 

 

par lunemalo publié dans : Rencontres ajouter un commentaire commentaires (8)   
Vendredi 30 novembre 2007

101

Le centième est passé. Ces cent, d'ailleurs, ne sont que des statistiques à prendre avec légéreté, car certains sont à peine des billets. Mais voilà, il semble que ce soit un cap. Pas un roc ni un pic, peut-être un promontoire s'avançant vers l'infini. Qui laisse considérer le flux des pensées, s'en distancier parfois et toujours y revenir, porté par une irrésistible marée. Alors quoi ? Continuer ainsi ou bien arrêter, poursuivre le soliloque ou le conserver pour soi ? Elle ne sait pas encore, elle sait juste que parler lui est vital, même dans le désert, même sans méthode, même si seul le silence lui répond. Que tout lui est verbe, envol, émotion. Et que finalement les réponses qui importent, l'écho qu'elle attend ne lui font jamais défaut. Un jour, qu'importe la raison, un visiteur ose, sort de l'ombre pour poser son petit caillou, et elle le trouve bien doux. Comme à chaque fois. Comme depuis le premier qu'elle a trouvé posé devant cette porte-là.  

 

 

 

 

Merci à vous

Qui passez me voir.

 

 

 

 

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Mardi 20 novembre 2007

Première contribution, en cours de route…

 

 

Les autres sont ici.

 

 

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Lundi 15 octobre 2007

Elle venait de Varsovie. Le car l’avait déposée sur la place, avec ses amis, il était presque minuit. La veille, elle avait envoyé une photo d’elle, petite silhouette, cheveux blonds, elle était facile à recon-naître. La main qui se tend, un peu hésitante, le visage un peu fermé, puis deux bises mala-droites, on peut y aller.  

 

Oui, elle avait déjà téléphoné à ses parents, ils étaient rassurés. Autant qu’on peut l’être, en tout cas, lorsqu’on laisse partir son enfant pas si grand dans une famille et un pays étrangers.  

 

Le trajet jusqu’à la maison était bien court, sortir l’immense valise du coffre, entrer dans la maison, prévenir en quelques mots son étonnement probable devant les murs nus, la laisser s’installer dans la grande chambre du premier, tout juste terminée. Presque un petit appartement, pour une toute jeune fille un peu déboussolée. Non, elle ne veut rien manger, pas boire non plus, peut-être prendre une douche, pour se délasser ? Puis vite, aller se coucher…

 Le lendemain, retour de l’école, elle grimpe sans un mot dans sa chambre. Les minutes passent, pas un mouvement dans l’escalier. Peut-être redoute-t-elle un peu cette première vraie rencontre ? Elle redescend, finalement, chargée d’un lourd paquet. « I got some gifts for you ». Des chocolats variés, une jolie nappe de lin bordée de dentelle, un grand livre ‑ en français ‑ sur son pays. Pour elle aussi, un petit clin d’œil, une pochette réalisée dans le même tissu qu’ici, dans le bon sens, cette fois-ci.

 La semaine a vite filé, quelques cours ennuyeux avec les français, le tour de la ville classée, les aigles qui l’ont un peu effrayée. Les caves de Champagne, le château de Fontainebleau, les peintres de Barbizon. Et puis Paris, la tour Eiffel, les Champs Élysées… Elle raconte un peu, d’une voix bien timbrée, elle parle bien anglais. Elle n’a que quatorze ans. Plus une petite fille, mais encore une enfant. Déjà bien féminine, d’une façon délicate, sans ostentation. Elle étonne les garçons de la maison, qui découvrent ce que sera, peut-être, leur petite sœur dans quelques années. Le parfum léger qui signe son passage à la salle de bains, son pas dans l’escalier, la mèche blonde qu’elle relève calmement, un joli sourire, fugitif, qui monte jusqu’aux yeux qu’elle tient généralement baissés. Bien élevée.

 Le samedi elle disparaît avec une amie, venue la retrouver, pour faire un shopping effréné. Parfum, vêtements, elle revient chargée de trois mystérieux paquets. De sa famille, on ne sait pas grand-chose, un père informaticien, une maman qu’elle dit économiste, peut-être voulait-elle dire comptable, un frère plus âgé. On devine que sa vie est privilégiée, dans un pays où tous n’ont pas la même chance.

 Le dimanche a filé, déjeuner à la maison avec la même amie et sa correspondante, cette fois invitées, puis après-midi au bowling qu’elle pratique aussi beaucoup dans son pays. C’est le dernier dîner, elle n’a pas envie de rentrer. L’école ne lui plaît pas, et puis là-bas les vacances sont rares. Quelques jours au hasard du calendrier, Noël tout de même et un peu février. Mais sa vie de collégienne ne ressemble pas à ce qu’elle voit ici. Des journées qui commencent à 8 heures pour s’achever à 2, 25 minutes pour déjeuner. Qu’importe, elle n’aime pas ça, elle ne sait pas encore ce qu’elle veut faire, elle est plutôt bonne en maths, mais…

 Contrairement aux autres soirs, elle s’est un peu attardée, elle est restée avec les garçons devant l’ordinateur avant d’aller finalement faire ses ablutions.

 

Elle est partie ce matin, un peu intimidée, amusée et peut-être émue de voir la princesse se jeter dans ses bras. Quatre baisers, elle remercie d’une voix bizarrement mouillée avant de suivre le jeune homme qui l’a accueillie chez lui pendant ces quelques jours et qui se charge maintenant de sa valise, un peu plus lourde qu’à l’arrivée, pleine de souvenirs au parfum français.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 5 octobre 2007

Il avait bien fallu s’habituer. Depuis la première soirée, où l’une d’elles, d’une taille que les citadins n’osent même pas imaginer, avait profité de la porte-fenêtre laissée entrebaillée pour s’enquérir des causes de tant de remue-ménage. C’était une égarée, une curieuse de l’été. Et la curiosité l’avait tuée. Un examen circons-pect, dans la pleine lumière de la matinée, avait révélé dans tous ses détails le corps recroquevillé, encore étonnamment imposant dans son immobilité. Le produit répulsif pulvérisé avec frénésie tout autour du chambranle avait fait, durant la nuit, sa deuxième victime : la visiteuse malchanceuse avait une compagne, plus grande qu’elle encore, plus sombre aussi, qui ne lui avait pas survécu, comme dans ces histoires d’amour condamnées qui font rêver.

Puis, plus tard, il y eut celle qui s’était installée sous les disques, bien à l’abri, ne sortant qu’à la nuit close pour guetter la proie égarée dont elle ferait ses délices. Et cette autre encore, longue silhouette que la mort avait piégée au fond d’un verre de cristal trop lisse pour la laisser s’échapper. Et puis...

 

 Oui, il avait bien fallu composer avec elles, car ici elles règnent en maîtresses incontestées. Est-ce l’humidité qui ne cède jamais, même au plus fort de l’été ? Le fouillis d’herbe et de graminées qui envahit tout, disjoignant même les pavés dans une merveilleuse impunité ? Tout cela sans doute, et puis, « C’est la campagne ici ! ».

 Alors la peur enfantine, le recul instinctif, les cris de fille n’étaient plus de mise. Parce qu’il fallait aussi compter avec l’impossibilité, parfois, de trouver un autre assassin que soi, et que prendre le risque de voir la bête se carapater, il ne fallait pas y songer.

Un modus vivendi s’était donc installé, un pacte de non-agression valable à l’extérieur de la maison, caduque sitôt la porte ou la fenêtre franchie. Parce que, entre se résigner à la présence, même invisible, de ces silencieuses habitantes et les remettre dans le sens de la sortie,  il y a tout un monde de peur irraisonnée et de dégoût inexpliqué. Ces derniers jours, l’automne a résolument pris ses quartiers. Matins embrumés, pavés mouillés, le goûter au jardin n’était plus vraiment de saison. Hier soir, pourtant, la douceur de l’air avait servi de prétexte pour y dévorer la pomme du goûter, es-suyer le toboggan déjà presque trop petit, vite encore une fois en profiter, et aller regarder, l’air désabusé, l’unique tomate qui avait réussi à pousser.

 

 

Si elle n’avait pas bougé, elle serait restée inaperçue. Elle avait tendu une toile démesurée entre le toit du petit auvent et le framboisier et elle se tenait là, immense, comme suspendue dans l’air. Son corps renflé formait une sorte de cœur inversé, piqué de points noirs figurant des yeux inquiétants de fixité, ses longues pattes hérissées de minuscules piquants. 

 Alertée par le mouvement, elle avait prestement regagné le centre de sa toile, où une proie enru-banée attendait de se faire dévorer, pour se préparer à l’attaque, le corps légèrement soulevé, les pattes avant dressées. Fina-lement, rassurée, elle s’était attablée… Elle sera peut-être encore là demain, ou alors, emportée par une averse, elle aura émigré dans un jardin voisin pour quelques jours, quelques semaines peut-être, avant que l’hiver ne mette fin à sa quête.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 25 avril 2007

Porté par le soleil printanier, sans doute, un envol de papillons est entré ce matin par la fenêtre...

Après les présenta-tions d'usage auprès de l'occupant histo-rique du lieu, ils se sont posés tour à tour sur une petite tête blonde fort occupée à sa lecture matinale, sans la déranger.

 

 

 

 

 

Le rose, est-ce un hasard ? a préféré se mirer/s'admirer...

Laurence, merci... Tes papillons sont ravissants, et leur parfum délicat et inattendu m'a en-chantée...

 

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