Samedi 24 novembre 2007

Elle l’a compris il y a peu, son plaisir de cuisiner est directe-ment lié à l’humeur de la journée. C’est même plus insidieux. Elle a besoin d’être raisonna-blement en paix avec elle-même pour que la préparation des repas ne lui soit pas une tâche si ardue qu’à son côté celles d’Hercule, les douze réunies, ne sont que vague brou-tille. On dit que faire la cuisine est une autre façon d’aimer. Elle, c’est quand elle a du mal à se croiser qu’elle n’y arrive pas. Que les idées la fuient, que rien ne lui fait envie. Alors qu’elle aime tellement ça, même les mots un peu étrangers elle aime les écouter, parfois oser un peu les utiliser. Monder, vanner, foncer, abaisse, roux blanc, déglacer… Et cette maryse, peut-être sa préférée. Peut-être parce qu’elle aime tant faire de la pâtisserie, des douceurs colorées, regarder monter la pâte ou dorer les crèmes renversées. Cette alchimie précieuse, cette vie autonome une fois le four fermé, comme un enfant qui grandit et que, comme un enfant, il faut soigneusement surveiller. 

 

 

Ce soir, tout à coup, elle a eu envie. Elle a sorti des œufs frais, un peu de lait, le mélange de sucres qu’elle prépare à l’avance pour le laisser s’imprégner du parfum de la gousse, des amandes en poudre, de l’eau de fleurs d’oranger divinement parfumée et quelques fraises séchées. Puis rempli et glissé les petits pots au four, dans un bain-marie. Et avec ces blancs qui restaient, elle a décidé qu’elle allait réessayer de faire des meringues. Jusque-là, ça n’a jamais été un franc succès. Trop dorées, un peu molles, tristement étalées sur la plaque graissée, bref, pas de quoi se vanter. Mais elle décide qu’un jour, elle finira bien par y arriver, comme avec la crème Chantilly qu’elle a lamentablement ratée cinq, six fois peut-être ? Pourtant, tout était bien froid, le saladier, la crème, les fouets… Bernique, pas de Chantilly (pas plus que de beurre, d’ailleurs), juste de la crème sucrée très vaguement épaissie. Eh bien, elle ne s’est pas laissé impressionner, elle a persévéré et elle y est arrivée. Alors les meringues cesseront aussi de résister, on peut y compter. Elle fouette longuement les blancs, en admire au passage les reflets nacrés lorsqu’elle verse le sucre, puis les répartit en petits tas dans un joli plat. Elle glisse une cuillère en bois pour entrebâiller la porte, et l’attente commence. Deux gros-ses heures, presque trois, à four tout doux pour que les meringues ne prennent pas couleur ‑ parce que c’est moins joli, une meringue qui a bruni ‑ puis dessus dessous quelques minutes de plus avant de sortir la volette (encore un joli mot, un peu désuet) pour les examiner. La coque sonne sous le doigt, le dessous est juste souple, la malédiction de la meringue est enfin levée.

 

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Lundi 30 juillet 2007
Tiraillée que je suis entre nord sauvage et sud farouche, je réconcilie parfois mes origines lorsque je me mets aux fourneaux. L’été est propice à certains délices de l’enfance, comme le pain à l’andalouse de mon père ou le gaspacho que l’une de ses sœurs préparait par litres entiers au plus chaud du mois d'août pour son époux qui en faisait ses délices. Je garde un souvenir malicieux de mon oncle plongé jusqu'à mi-corps dans le réfrigérateur, à l'heure où hommes et animaux se retirent à l'ombre pour fuir la touffeur intolérable de l'après-midi, se régalant en silence et, croyait-il, en secret, de l’élixir parfumé qui reposait en attendant la dégustation.
 
Étrange affaire que ces souvenirs d’enfance, à la force intacte après tant d’années, et qu’un arôme ou une texture suffisent à réveiller.
 
C’est l’été… Ne riez pas, même jaune, derrière votre col roulé. Donc, légumes d’été. Donc… gaspacho.
 
Je suis dans un jour de bonté, il faut en profiter, ça n’arrive pas si souvent… Voici donc LA recette familiale, testée, éprouvée, savourée, faite et refaite au cours des années par les femmes de la branche paternelle. Et que je vous livre aujourd’hui. Non gaspacho-addicts (pauvres de vous), passez votre chemin !
 
 
Pour un bon litre de gaspacho, peler et concasser trois belles tomates (des vraies, pas ces machins hydroponiques de la honte venus… d’Espagne, justement), tailler en petits cubes un poivron (pas vert, de préférence, pour éviter de communiquer une amertume désagréable au gaspacho) et un concombre (non épluché. Là aussi, tâchez d’en trouver un vrai. Sans parfum délicat de concombre, un gaspacho est une chose sans âme), éplucher et couper 1 ou 2 gousses d’ail (impérativement dégermées), émincer grossièrement ½ oignon. Mettre tous les légumes dans le bol d’un blender, mixer une première fois. Ajouter de l’huile d’olive bien fruitée, quelques gouttes de jus de citron (à doser selon le goût), du sel, du Tabasco si l'on veut relever un peu le tout (je préfère le vert, qui donne un parfum intéressant sans tout emporter sur son passage), de l’eau (je dirais 250/300 ml, mais à voir en fonction de l’eau de végétation des tomates, et de la texture désirée). Et mixer jusqu’à obtenir la consistance souhaitée, plus ou moins lisse.
 
Après avoir rectifié l’assaisonnement, l’idéal est de réfréner la pulsion sauvage qui vous pousse à vous envoyer la moitié du bol, juste pour goûter, et de remiser la chose religieusement au frais pendant quelques heures. Ceci étant, tout de suite c’est bon aussi…
 
 
 
 
 
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Lundi 9 avril 2007

Michèle en rêvait... comme je ne peux rien lui refuser, voici comment les cigares aux amandes ont fait leur entrée dans ma cuisine...

Tout a commencé lors d'une récente esca-pade parisienne. Avant de m'exiler à l'ouest de Paris, j'avais mes habitudes dans une minuscule boutique débordant de graines et de pains divers, entre autres spécialités juives.

Le patron est un homme impertubablement souriant, d'une énergie à faire peur, jamais en panne d'une plaisanterie ou d'une recette secrète.

Ce jour-là, il proposait des feuilles de brick fraîches... qui sont immédiatement allées rejoindre le reste de mes emplettes en prévision de quelque douceur sucrée ou salée.

Après quelques recherches et recoupements, j'ai utilisé une recette simplissime mais divine, et j'en ai profité pour la décliner en version pistaches pour mon fils cadet qui raffole des petites graines vertes (un martien sur la Lune ??).

 


Proportions et préparation (pour une vingtaine de petits cigares)

 

 

 

 

Dix feuilles de brick recoupées

250 g. d'amandes en poudre (c'est évidemment meilleur si l'on moud soi-même les amandes avec la peau)

100 g. de sucre en poudre blanc

1/2 cuiller à café de cannelle (à doser en fonction du goût de chacun. Goûter la pâte d'amandes avant de rouler les cigares)

Eau de fleurs d'oranger (de la vraie... pas celle que vous trouvez au rayon pâtisserie !)

Miel tiédi

1 blanc d'oeuf et 1 pinceau à pâtisserie pour coller les cigares

Huile de friture

 


Mélanger les ingrédients de la pâte d'amandes, en commençant par les éléments secs, et en mouillant progressivement avec l'eau de fleurs d'oranger jusqu'à atteindre la consistance désirée (un peu plus souple que de la pâte d'amandes classique, mais surtout pas collante). Si l'on craint de ne pas séparer la pâte régulièrement, la peser et la diviser en 20 boules. 

 

 

 

 

Rouler une boule en boudin : sa largeur doit être inférieure à celle de la demi-feuille de brick, que l'on doit pouvoir rabattre latéralement.

Placer le boudin en bas de la feuille de brick, en laissant juste de quoi la rabattre une première fois, ramener alors les deux côtés de la feuille sur la pâte d'amandes et rouler soigneusement. La pâte doit être bien enfermée pour ne pas se sauver à la cuisson !

Coller le haut de la feuille en badigeonnant légèrement de blanc d'oeuf. Réserver les cigares sur un plat (je laisse environ une heure pour être sûre que la colle ait pris, mais est-ce vraiment nécessaire ? Un avis de spécialiste, Venezia par exemple, est le bienvenu)...

Faire chauffer l'huile sans la faire fumer. Un truc pour savoir quand elle a atteint la bonne température : y plonger un petit cube de pain sec. S'il se met immédiatement à frire, avec des petites bulles joyeuses, la température est bonne. Si l'huile bouillonne fortement, elle est trop chaude... Lui laisser le temps de revenir à la raison.

Plonger les cigares un par un dans l'huile (pour éviter qu'ils ne se collent l'un à l'autre. J'utilise une écumoire), par petites séries. Si l'huile est à la bonne température, la cuisson est TRÈS rapide, le temps de les retourner et c'est fait... Il ne faut pas laisser trop dorer les cigares, ça les rendrait trop croustillants.

Sortir les cigares dès qu'ils sont légèrement dorés, les placer droits dans une passoire à fond plat tapissée de papier absorbant, les laisser s'égoutter et refroidir un peu.

Rouler les cigares dans le miel tiède. Le plus simple à mon avis est de les plonger délicatement dans la casserole inclinée, puis de les retourner.

Il ne reste plus qu'à déguster...

Pour la variation en pistache et rose majeures, supprimer la cannelle, remplacer les amandes par des pistaches et la fleur d'oranger par de l'eau de rose... On obtient une combinaison de parfums proche du divin...

Un seul hic dans ce tableau idyllique... sauver deux ou trois cigares des mandibules des voraces qui m'entourent... J'ai donc pris les photos AVANT (détail : ces photos ont été prises la première fois que j'ai fait des cigares aux amandes. N'ayant pas badigeonné la feuille de brick de blanc d'oeuf, j'ai eu quelques déboires avec le 'collage' : la forme plus ou moins régulière des cigares en témoigne...).

 ... les cigares classiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

... douceurs rose-pistache

 

 Ne comptez pas dépenser la moindre énergie (et pourtant, vous en aurez ingurgité une quantité absolument indécente) après avoir mangé ces trucs tout droit sortis de l'imagination d'un diabolique tentateur... Si vous êtes de bons citoyens et que le matraquage manger-bouger vous interpelle... bougez-vous avant  

 

 

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Mardi 20 mars 2007
Alors que ce drôle d’hiver s’apprête à tirer sa révé-rence, gri-saille, pluie et vent se liguent com-me pour nous annon-cer un prin-temps tout aussi désagréable. Je ne suis pas de celles qui s’épanouissent dès que les tendres pousses font une apparition timide, je l’ai déjà expliqué, mais tout de même, les quelques jours radieux de la semaine dernière, les premiers chants d’oiseaux, têtus et victorieux, les jeunes feuilles encore recroquevillées des rosiers m’ont donné une furieuse envie de douce chaleur et de sorties champêtres.
 
Il semblerait que ma patience soit encore soumise à rude épreuve… En attendant la belle saison, donc, et son cortège de tomates sucrées, d’herbes et de fruits délicieux, j’ai eu envie de préparer un dîner sobre mais réconfortant, simple mais raffiné, histoire de profiter – au moins – de plaisirs gustatifs qui ne seront bientôt plus de saison.
 
Pour se mettre en bouche, et se réchauffer les intérieurs à la manière d’un Gargantua passé à la moulinette diététique, un bouillon de légumes frais, avec petit émincé de champignons bruns pour la touche japonisante. Puis ma purée irlandaise. Je dis « ma », toute modestie bue, car j’ai modifié la recette (donnée par un irlandais pure souche, rien de moins) découverte un soir où, comme d’habitude, je tournicotais à la recherche d’une occupation impérative qui justifierait ma répugnance à aller me coucher… Un petit mesclun au vinaigre de framboise et pour finir, un quatre-quarts au cœur de praliné fondant.
 
Le bouillon, je ne vous ferai pas l’injure…
Le mesclun... passons encore.
 
Le quatre-quarts itou, tout praliné soit-il…
 
Alors, la purée irlandaise, me dira-t-on ? Eh bien, l’Irlande est un pays où la pomme de terre a (eu) droit de vie et de mort (et où malheureusement, on en arrive aujourd’hui à ça…). Et il est étonnant de constater, une fois de plus, que la sobriété alimentaire imposée par la pauvreté offre aux nantis bien nourris que nous sommes des recettes ancestrales savoureuses, dignes de figurer sur la table d’un Passard.
 
La recette est rapide à réaliser et simplissime. Pour 3 personnes, compter un bon kilo de pommes de terre (après épluchage), un demi-bouquet de cerfeuil ciselé (avec une partie des tiges), 3 échalotes longues finement émincées, 250 ml de lait et environ 50 g de beurre.
Pendant que les pommes de terre coupées en cubes cuisent dans l’eau salée frémissante (une vingtaine de minutes, elles doivent être tendres sans s’écraser), verser le lait dans une casserole, y ajouter beurre, cerfeuil et échalottes, saler et poivrer. L'amener à ébullition, couper le feu, couvrir et laisser infuser.
Égoutter rapidement les pommes de terre, les écraser au presse-purée manuel sans chercher à obtenir absolument quelque chose de lisse, l’un des plaisirs de ce plat tenant aux différences de texture. Incorporer en plusieurs fois le lait chaud, jusqu’à atteindre la consistance voulue. Rectifier l’assaisonnement et servir sans attendre. Si l’on aime vraiment le beurre, on peut en placer un autre morceau sur le dessus de la purée, qui fondra sur le chemin entre le fourneau et la table…
 
Cette purée a un goût inimitable, même si elle est tout de même raisonnablement roborative. Accompagnée d’une salade, elle peut se suffire à elle-même pour un dîner léger, mais on peut évidemment la servir en complément d’un légume vert, d’un plateau de fromages, d’un poisson ou d’une viande. J’ai testé la version originale (avec des oignons de printemps, difficiles à trouver), fait une variante avec de la ciboulette fraîche (proche des fameux oignons de printemps), pour conclure que le cerfeuil et son arôme très finement anisé-herbacé a ma préférence.
 
En images :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La purée a été dévorée sitôt servie, donc pas de photo…
 
En revanche, un petit aperçu, non pas des quatre-quarts, mais de leurs homologues au yaourt, faits d’après la délicieuse recette d’Adrien trouvée sur le blog non moins délicieux de sa charmante Tourterelle de mère :
 
 
 
 
 
Photo den-tête tirée de ce site
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Jeudi 1 mars 2007
Non que j’en aie besoin, non. Pas du tout. D’ailleurs, vu la modestie de mes avantages, je suis raisonnablement tranquille de ce côté-là. Comme qui dirait raplapla, le côté. Enfin, très discrètement vallonné... Mais, mon Dieu, prudence et prévoyance font mieux que Magicsoutif et chirurgie. Ainsi en soit-il donc.
 
J’ai commencé à faire du pain il y a une bonne dizaine d’années, après qu’une amie bien intentionnée m’a offert un des deux livres de cuisine que j’emporterais sur une île déserte, dussé-je me résoudre à abandonner les autres pour cause d’excédent de bagages.
Le grand livre du pain, puisqu’il s’agit de lui, a été commis par Linda Collister, une cuisinière aussi émérite que britannique (elle a mitonné quelques années durant les repas quotidiens de la Royal Family, excusez du peu. Et pas de gloussement nerveux à base de : « Mouais, la cuisine anglaise, on sait ce que c’est… », please !). Ce bouquin est une mine, un trésor, un antre parfumé et grisant, LA bible du boulanger amateur. Donc, de moi.
 
Je fais du pain depuis une décennie, disais-je, mais ces derniers mois, je dois avouer que j’avais relégué cette activité au tout dernier rang de mes priorités, bien après le déménagement, une douce attente plus chaotique que prévu, la naissance de la princesse, le deuxième déménagement et les (censuré) de (censuré) de (censuré) de travaux...
 
À la faveur des vacances qui ont vu les garçons TGViser vers le Home sweet home de leurs grands-parents, l’envie, latente ces dernières semaines, d’épousseter le fameux livre et de pétrir quelques fournées s’est précisée. Et concrétisée ce dernier dimanche pluvieux-venteux, par des petits pains aux herbes et des pains au lait, ou navettes.
 
Avant de passer à la démonstration, un mot à l’attention des bretonnes propriétaires de MAP et autres tentatrices dénuées de scrupules… ou plutôt non, pas de mot, je vous ignore, je vous condescende… Fin de la parenthèse.
 
Linda Collister a inventé certaines recettes, et en a glané d’autres au fil de ses voyages et de ses recherches sur les cuisines régionales. Angleterre, États-Unis, vieille Europe, rien n’échappe à sa curiosité, et elle livre explications et savoir-faire avec simplicité, pédagogue sans être ennuyeuse, alléchant le lecteur par des apartés délicieusement anglo-saxons sur l’arôme, la texture ou la valeur nutritionnelle des différents pains qu’elle présente. Il faut d’ailleurs comprendre « pain » au sens large, car elle en explore les déclinaisons nationales ou religieuses et parcourt la gamme des variations sucrées sur base de levain, allant jusqu’aux merveilleuses viennoiseries de Michel Roux.
 
Aujourd’hui, donc, deux recettes légèrement adaptées, éprouvées et ré-éprouvées, et refaites toujours avec le même plaisir.
 
 
Petits pains aux herbes (pour une dizaine de petits pains)
 
450 g. de farine de blé bio
1 à 2 cuillers à café de sel
Mélange de poivres et de baies moulu 
15 g. de levure de boulanger
20 cl de lait
230 g. de fromage blanc épais
1 œuf
2 cuillers à soupe d’herbes au choix (impérativement fraîches ou surgelées) : ciboulette, thym, estragon, basilic, aneth…
Lait pour glacer
 
 
Mixer le fromage blanc, l’œuf et les herbes ciselées.
Tamiser la farine dans un plat un peu profond, ajouter le sel et le poivre (pour ma part, j’ai utilisé mon sel vert, il faut donc en mettre un peu plus que si l’on utilise du sel blanc). Creuser un puits.
Émietter la levure dans un ramequin, la délayer soigneusement avec une cuiller à soupe de lait, verser dans le puits.
Ajouter le lait et le mélange au fromage blanc.
Incorporer petit à petit la farine. Au début, on peut utiliser une cuiller, mais dès que tous les ingrédients sont amalgamés, il faut plonger ses doigts (propres et sans bague… on n’est pas dans Peau d’Âne, non plus !) dans la pâte. C’est assez sensuel, d’ailleurs, avouons-le. Bref. Pétrir il faut donc, assez rapidement toutefois, en rajoutant un peu de farine si la pâte est trop collante (elle doit être souple, mais sans s’agripper fougueusement à vos doigts). Puis replacer le pâton dans le plat, couvrir d’un linge et laisser lever une heure environ.
Lorsque la pâte a levé, la pétrir rapidement une deuxième fois, la peser : avec les quantités indiquées, on doit obtenir un petit kilo de pâte, que l’on divisera en une dizaine de boules d’environ 90 grammes chacune.
 
Placer les boules sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé en les espaçant de 3 ou 4 cm, couvrir d’un linge et laisser lever encore une quinzaine de minutes, le temps de préchauffer le four à 180° (Th. 6).
 
Mettre la plaque dans le four chaud, laisser cuire environ 10 minutes en surveillant que la coloration se fait régulièrement. Sortir la plaque, badigeonner rapidement les pains de lait (jusqu’à trois fois successives, si vous aimez les croûtes brillantes). Remettre la plaque au four et laisser cuire encore 10 minutes, en surveillant toujours.
 
Sortir les pains du four, vérifier qu’ils sont cuits en cognant du doigt sur le dessous, qui doit sonner creux. Les laisser refroidir complètement sur une volette. Ces petits pains se congèlent très bien, mais gagneront dans ce cas à être légèrement réchauffés au four ou toastés après décongélation.
 
Délicieux avec du fromage, des œufs brouillés ou pochés, une poêlée de champignons, du cottage cheese assaisonné… ou rien.
Le pain aux herbes après pé-trissage...
 
 
 
 
 
 
 
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...après cuisson
 
 
 
 
 
La mie, floue... mais moelleuse et souple
 
 
Pains au lait ou navettes (pour 12 navettes)
 
340 g de farine
7 g de sel
30 g de beurre très froid (éventuellement demi-sel, dans ce cas on réduit un peu le sel)
8 g de levure de boulanger
2 cuillers à café de sucre (blanc si la garniture doit être salée, sinon on peut utiliser du sucre roux, voire du sucre vanillé maison)
20 cl de lait froid
1 œuf battu
Lait pour glacer
 
 
  
Tamiser la farine dans un plat un peu profond. Creuser un puits.
Émietter la levure dans un ramequin, la délayer soigneusement avec 1 cuiller à soupe de lait, incorporer 2 cuillers à café de sucre blanc (si l’on veut utiliser les navettes avec une garniture sucrée, on peut augmenter légèrement la quantité de sucre, et utiliser du sucre roux, de la vergeoise, du rapadura, etc.), verser dans le puits.
Ajouter le reste du lait.
Incorporer petit à petit la farine. Renverser la pâte sur le plan de travail bien fariné et pétrir pendant une dizaine de minutes.
Deuxième aparté à l’attention des utilisatrices de MAP désignées plus haut : c’est sûr, faut tremper un peu sa chemise, au lieu d’appuyer sur un bouton et d'aller faire dodo… Pfeuh, va ! Fin de la parenthèse bis.
Après pétrissage, placer la pâte dans un saladier huilé, la rouler dans tous les sens pour l'enrober d'huile et la laisser lever au chaud, sous un linge humide. En profiter pour reprendre contenance. Au bout de 2 heures environ, la pâte doit avoir bien gonflé. La retourner sur le plan de travail fariné, l'aplatir, la peser, former des boules de poids régulier. Avec les quantités indiquées, on fait 12 navettes assez grosses, ou environ 18 plus petites (parfaites pour les buffets salés ou sucrés, par exemple). Rouler chaque boule en boudin et pincer légèrement les extrémités pour lui donner une forme de... navette. Couvrir avec le linge et laisser lever encore 1 heure.
Préchauffer le four à 220° (Th. 7/8). Badigeonner les navettes de lait deux ou trois fois, glisser la plaque au milieu du four et laisser cuire 5 minutes. Sortir la plaque, baisser la température du four à 180°, badigeonner les navettes une nouvelle fois de lait et les remettre au four encore 5 à 10 minutes. Les temps sont indicatifs, la durée de la cuisson dépend du type de four, de sa puissance, etc. Donc, surveiller la coloration.
Sortir la plaque du four et vérifier que les navettes sont cuites en cognant du doigt sur le dessous (qui doit sonner creux).
Ces navettes sont délicieuses chaudes, froides, avec une garniture salée ou sucrée (dans ce dernier cas, utiliser du beurre doux et augmenter légèrement la quantité de sucre). Elles se congèlent très bien et se conservent plusieurs jours à température ambiante. Légèrement grillées, elles sont juste... divinement régressives ! 
 
 Après pétrissage...
 
 
 Après façonnage...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Les navettes sont cuites ! J'ai placé exprès sur le dessus une navette 'ratée', c'est-à-dire fendue sur le dessus. Il faut rouler les boules de manière à avoir une surface la plus unie possible.
 La mie est aérée, fine et consistante à la fois...
 
 
 
Pétrir, disais-je donc. Et c’est là que la lumière se fait. Parce que l’avant-propos de cet article était un peu… incongru. Cheveu sur la soupe. Eh bien non, finalement, et vous m’allez comprendre derechef.
 
Le pétrissage, ma bonne dame, c’est pas une partie de plaisir, contrairement à ce que d’aucuns ont pu déduire de ma remarque sur la sensualité de la chose (voir plus haut). Disons-le même carrément, à moins de ressembler à Miss Grobiceps, on trouve les dix minutes foutument longues. À se demander si la trotteuse irait pas en arrière, des fois. Mais c’est là que la dure ouvrage est toujours récompensée (et pas les MAP-girls, ce qui n’est que justice). Le pétrissage, voyez-vous, fait travailler EXACTEMENT les muscles qui désespèrent toute femme de plus de 20 ans (donc, moi et moi plus 2) normalement constituée : le triceps (ou «flan »... Je sais, c’est pas élégant) et les pectoraux. Et les pectoraux, mes douces, ce ne sont pas seulement ces jolies protubérances viriles qui font fantasmer, encore une fois, toute femme de 10 à 100 ans. Même avec poipoils. Et sans huile juste-pour-la-photo.
Nada. Nous aussi, on en a. Et du pec’ féminin qui bosse, c’est le sein glorieux assuré. D’où ma fine remarque du début. Par conséquent, une petite séance de pétrissage bi-hebdomadaire, voire plus si hystérie de la boulange, et l’aplomb de vos arguments féminins, mesdames et mes-demoiselles, sera une affaire qui marche. Fin de la digression mammaire.
Du deux en un, quoi. Alors, heureuses ?
P.S : bon, j'aimerais bien en avoir une quand même, de MAP... Juste pour assurer la miche craquante quand j'ai le biceps mou... Mais je viens déjà d'investir dans une yaourtière, alors patience et longueur de temps...
 
 
 
 
 
 
 
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Mardi 12 décembre 2006
Titre étrange, me direz-vous... Encore un truc à boire, bien sûr ? Aurais-je irrémé-diablement som-bré dans un éthy-lisme de saison ??
Qu'on se rassure... Ce nom énig-matique est la création de mon fils cadet, dont j'ai déjà vanté les talents pâtissiers, et il en a baptisé des bonbons de chocolat que nous avons fabriqués récemment en prévision des agapes de Noël.
L'idée première était de faire des truffes. Je l'avoue tout de suite, je n'aime pas le chocolat. C'est-à-dire que je peux passer des semaines, voire des mois, sans en manger et sans même y penser. Si j'ai appris, au fil des années, à apprécier un excellent praliné ou une ganache subtile, on ne pourra pas dire de moi que je suis accro au chocolat. Mais j’aime cuisiner, avec un faible particulier pour la pâtisserie. Alors, hardi petit, j’ai décidé cette année de fabriquer moi-même les chocolats que je proposerai à mes convives…
Je remercie au passage Androue, dont j’ai utilisé la recette de base (sans y ajouter d’alcool) pour nos Black Bubbles, fort appréciées par mes chocovores. J’ai ensuite adapté la technique pour la version « White », dont voici le secret.
 
White Bubbles à la neige
200 g de chocolat blanc de qualité (par pitié, essayez d’éviter celui du gentil dauphin… Je sais que le chocolat blanc est difficile à trouver, mais si vous l’aimez, jetez un œil chez les pâtissiers-confiseurs, ils en vendent souvent en tablette).
100 g de crème fraîche (crue, de préférence)
Noix de coco râpée
 
Râper le chocolat avec une râpe à main. Faire chauffer la crème jusqu’à frémissement. Hors du feu, verser progressivement la crème (en deux ou trois fois) sur le chocolat et remuer soigneusement pour amalgamer le tout, jusqu’à obtenir une préparation lisse et brillante. Laisser refroidir : le mélange durcit légèrement (vérifier avec le doigt.. propre). L’idéal est de verser la ganache ainsi obtenue dans un entonnoir à orifice assez large (plus pratique que la poche à douille, le mieux étant l’ustensile métallique utilisé par les pro) et de déposer des boules sur une feuille de papier sulfurisé. Laisser prendre au frais quelques heures, rouler chaque boule deux secondes dans les mains, puis dans la noix de coco râpée (plus pro : tremper rapidement chaque boule dans du chocolat blanc fondu et légèrement refroidi, puis rouler dans la noix de coco).
On peut imaginer des variantes, bien sûr : cacher une noisette, une amande, etc... dans la ganache, voire un éclat de cerise ou d'orange confite. Les seules limites sont celles de la gourmandise…
Ces « Bulles » de Noël se conservent quelques jours au frais (mais en évitant le réfrigérateur), surtout pas dans un sachet cellophane peu propice au développement des arômes mais en revanche très favorable à celui des vilains champignons, si tant est que vous réussissiez à en sauver quelques-unes !
Mon ambition ne connaissant plus de bornes, je rêve déjà de rochers pralinés, de bouchées à la pistache, de fondants à la pâte d’amandes...
À suivre !
 
 
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Mardi 7 novembre 2006

Quel est donc ce mysté-rieux végétal ? Un navet de Mars ? Une courge qui a mal tourné ? Une rose de Provins transgénique ?? La réponse est à la fois plus simple et bien plus amusante... Il s'agit d'un radis vert. Je connaissais le radis en version rose, rouge, blanche et noire, mais je n'avais encore jamais vu et encore moins mangé de radis vert. C'est chose faite depuis samedi, puisque j'en ai trouvé dans mon panier bio de la semaine.

 

Cet étrange radis cache une petite âme de jeune fille, puisqu'il est délicatement veiné de rose tyrien sous sa peau blanc-vert. D'où l'idée immédiate de transformer le légume en fleur, après (difficile...) éminçage de la chose.

 

 

 

(Assez) rapide à préparer, ce petit carpaccio végétal est une façon amusante de réinterpréter le gros radis classique (noir jusqu'ici...), et de le rendre plus digeste.

 

La préparation est minutieuse mais simplissime : il suffit d'émincer très finement le radis épluché (l'idéal est d'utiliser une mandoline professionnelle, qui figure toujours sur ma wish-list... donc j'ai passé cinq bonnes minutes à jouer du couteau comme un cuisinier japonais !), de disposer joliment les pétales obtenus sur le plat de service et de verser sur l'ensemble un mélange d'huile d'olive et de jus de citron. Poudrer de fleur de sel (ou de sel de l'Himalaya, pour rester dans la palette de roses), donner un tour de moulin et réserver au frais quelques heures pour que sel et citron 'cuisent' légèrement le radis.

 

Des photos pour faire baver Missand (la pauvre est un peu... martienne aussi ) : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Déni de responsabilité :

L'alimentation est une affaire très personnelle, faite de rencontres, d'habitudes familiales, d'expériences plus ou moins heureuses et de résistance individuelle. Je décline donc toute responsabilité si après ingestion de ce radis, vous vous retrouviez comme.....

 

ÇA !!!

 

 

 

par lunemalo publié dans : Papilles ajouter un commentaire commentaires (5)   
Lundi 6 novembre 2006

Hasard de la saison, du ravitaillement chez Tang lors de ma dernière escapade dans notre ancien quartier et d'une visite chez des amis qui ont passé leurs vacances d'été en Thaïlande ? Etrange alchimie avec une plante dont j'adore le goût, mais dont l'huile essentielle me gêne plus que les moustiques qu'elle est censée faire fuir ? Quoi qu'il en soit, j'ai acheté une fois de plus une botte de citronnelle, dont la couleur, la texture un peu ligneuse, la teinte hésitante, les tiges étroitement serrées en une gaine solide, aux bords presque coupants, me font toujours de l'oeil parmi les mystères végétaux qu'offre à la curiosité occidentale le seul supermarché que j'aime fréquenter... Mais pour une fois, ce bouquet étrange n'a pas fini en infusion, faute d'inspiration ou d'une recette à suivre.

Le week-end dernier, donc, nos amis avaient improvisé sur la citronnelle, déclinant sa saveur douce mais si particulière dans une entrée marine fraîche et savoureuse et un plat principal odorant et très relevé. Un peu trop pour mon palais qui préfère des sensations moins brûlantes... Deux exemples tentants, à décliner à mon tour en fonction des goûts de la maisonnée et de la richesse des placards...

Pour le plat que j'ai réalisé, j'ai choisi du poulet, mais je pense qu'un bon tofu permettrait d'obtenir une version totalement végétarienne délicieuse. Je l'ai accompagné des ingrédients suivants :

 


 

Tiges de citronnelle fraîche finement ciselées

Lait de coco

Pâte de curry doux (ou vert, si l'on aime une saveur plus relevée)

'Oignons de printemps' frais (difficiles à trouver en dehors du circuit asiatique. On peut les remplacer par un gros oignon doux)

Champignons noirs réhydratés

Une poignée de germes de soja frais

1/2 cuiller à soupe d'huile neutre

1/2 cuiller à soupe d'huile de coco

Sel et poivre

J'en manquais malheureusement, mais quelques feuilles de citronnier kaffir auraient fait merveille... J'aurais également pu émincer un pouce de gingembre ou de galanga frais.

 


 

PREPARATION

Couper le poulet (ou le tofu) en cubes de deux centimètres de côté. Les saisir dans l'huile neutre sans les faire colorer. Ajouter les bulbes d'oignons de printemps (ou l'oignon doux émincé grossièrement), remuer, laisser cuire 1 minute à feu doux. Verser la boîte de lait de coco, la demi-cuiller d'huile de coco, délayer une grosse cuiller à soupe de pâte de curry doux (s'il s'agit de curry vert, beaucoup plus fort, procéder avec prudence, par cuiller à café, en goûtant après chaque ajout pour doser la force du plat), ajouter la citronnelle ciselée, saler.

Laisser mijoter une quinzaine de minutes à tout petits bouillons, sans couvrir. Ajouter les champignons noirs (que l'on aura fait gonfler dans l'eau bouillante, soigneusement lavés et éventuellement coupés en deux après en avoir éliminé les parties dures). Vérifier l'assaisonnement. Ajouter les germes de soja, laisser cuire encore 5 minutes. Si l'on veut que la sauce soit plus onctueuse, la lier selon le goût avec un peu de fécule  (ou une pincée d'agar-agar) délayée préalablement dans deux cuillers d'eau froide. Attendre ce moment pour donner quelques tours de moulin à poivre (il ne faut pas poivrer un plat avant les dernières minutes de la cuisson, sous peine de détruire la plus grande partie des arômes). 

Délicieux accompagné d'un bulbe de fenouil vapeur et de riz parfumé, ou encore de vermicelles de riz moyens et d'un émincé de poireaux. Pour savourer aussi l'harmonie visuelle du plat, le servir dans de la vaisselle sombre...

 

Image citronnelle © Dr Valnet

Gif La maison du soleil

 

 

 

par lunemalo publié dans : Papilles ajouter un commentaire commentaires (10)   
Dimanche 5 novembre 2006

Cela fait déjà des années que nous n’utilisons plus de sel fin blanc à la maison (sauf usages culinaires spécifiques : blancs en neige, pâtes à gâteaux), et que nous l’avons remplacé par du sel aux herbes acheté en mag bio. Récemment, nous avons commencé à trouver du céleri dans le panier de l’AMAP, et en voyant ce magnifique bouquet vert, j’ai commencé à réfléchir à la possibilité de le faire sécher pour le pulvériser et l’incorporer à du sel de mer. Le séchage n’étant pas très convaincant et l’idée ayant fait son chemin entre-temps, j’ai essayé de préparer moi-même mon sel aux herbes.
Comme tout le monde je sais que le sel est un merveilleux conservateur, mais je craignais quand même un peu qu’une macération sel-herbes-légumes frais ne donne pas le résultat espéré. Eh bien je n’ai rien inventé, mais ça marche extrêmement bien, il suffit d’un peu de patience et de précautions pour obtenir un mélange aromatique et parfaitement sec.
 
Pour ce premier essai, j’ai réuni ce qui me paraissait convenir dans mes placards, mon jardin et mon réfrigérateur :
 
Du gros sel de mer gris brut, évidemment
De l’échalote épluchée et grossièrement émincée
Des tiges de céleri coupées en petits tronçons et quelques feuilles
De la ciboulette fraîche ciselée
Du thym citron effeuillé
Des graines de coriandre légèrement écrasées
 
J’ai mélangé puis versé dans un bocal tous ces ingrédients, et recouvert d’une couche de sel pur pour éviter le contact avec l’air des éléments « humides » susceptibles de se dégrader et l’attente a commencé… La macération a duré une semaine en tout, et j’ai remué le mélange deux ou trois fois pendant cette période (en prenant soin de toujours recouvrir d’une fine couche de sel). Jusque-là, tout allait bien, mais il fallait désormais trouver le moyen de réaliser une dessication maison pour stabiliser définitivement le mélange et pouvoir ainsi le conserver.
 
Au bout de la semaine, j’ai donc étalé le sel dans un plat en verre que j’ai placé à four doux (100°) pendant 1h15 en tout (porte légèrement entrouverte pour laisser s’échapper le maximum de vapeur). Pendant ce temps, j’ai « brassé » plusieurs fois le mélange pour le sécher parfaitement. En séchant, le sel avait pris une texture très minérale, sa couleur qui avait tourné au gris plus opaque lui donnant un aspect très brut. L’odeur était agréable et riche, les différents éléments (notamment l’échalote) bien présents au nez.
 
Restait la dernière opération : le broyage. J’ai finalement découvert et aussitôt acheté le petit moulin magique vanté par Venezia, et sa première utilisation a été une vraie réussite puisqu’il m’a permis d’obtenir une mouture juste fine comme je le désirais en quelques secondes.
 
Verdict final : la dessication – étape épineuse et déterminante de cette tentative – a apparemment été suffisante, puisque depuis sa sortie du four (le week-end dernier), le mélange de départ ne s’est absolument pas réhumidifié, son odeur et son goût ne se sont pas altérés et sa texture est inchangée. Autre petite satisfaction, la couleur finale (après mouture), d’un gris-vert doux, presque argenté, est appétissante…
Le mélange après une semaine de macération (la photo est floue, mais je la mets quand même pour montrer la différence de texture) :
 
 
Le même mélange, après broyage final.

Après cette première expérience, j’ai très envie de tenter des déclinaisons, par exemple avec du citron et des graines de fenouil, des algues séchées, un mélange de poivres et de baies, du piment... L’autre intérêt, et il n’est pas négligeable, de ces sels aromatisés étant de réduire sa consommation totale de sodium !
 
par lunemalo publié dans : Papilles ajouter un commentaire commentaires (7)   
Vendredi 13 octobre 2006
En guise de préambule, je commencerai par adresser un merci admiratif à l'inventive   Bergamote, la fée des desserts, qui m’a tout d'abord évité des recherches doulou-reuses dans le tas de cartons pas encore déballés en donnant une recette de galette sablée divine sur son blog non moins divin ! Et un deuxième merci pour ses Kipferl, que j’ai également faits dans mon grand élan pâtissier du mercredi (j’ai aussi tenté la forme « historique », en croissant) :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ensuite, dans la série feu de camp, poncho et nœuds divers (comprenne qui pourra ), la déclinaison de la première recette en « Sablé pour Blue ». La photo ne lui rend malheureusement pas justice, mais son goût fait tout pardonner. J’ai foncé un petit moule en porcelaine avec la pâte, sur environ 2 cm d’épaisseur, puis j’ai poudré très légèrement de cannelle et de sucre vanillé maison avant d’enfoncer délicatement du gingembre confit émincé (dont le poivré s’adoucit à la cuisson). Aussi bon tiède que froid…
 
 
Et enfin, le petit dernier, fabriqué un peu par hasard mais dont la géométrie variable me fait sourire, et que j'ai baptisé le Petit Lune en l'honneur de mes enfants :
 
 
 
 Pescalune, la guitare...
 
par lunemalo publié dans : Papilles ajouter un commentaire