Mercredi 24 octobre 2007

                        Entre deux inhalations et une révision, quelques dizaines de minutes doucement volées…

De la pâte bien modelée...

  

 

 

                                                     Deux fleurs d'automne...

Une balançoire bricolée...

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Jeudi 11 octobre 2007

Le plaisir est toujours le même. Plus grand, même, peut-être, car miss Brother s’ap-privoise, s’humanise, au point de casser parfois une aiguille par pure bouderie, juste pour voir si on va continuer à l’aimer. Qu’à cela ne tienne, un petit geste du tournevis fourni, puis l’extrac-tion précautionneuse de l’aiguille, l’œil qui croise l’autre en es-sayant de vérifier le numéro gravé et le tour est joué.

 En juin dernier, une petite poignée de parents un peu émus était venue se tasser sur les chaises minuscules, tentant d’écouter et de retenir sagement ce que mademoiselle P., l’institutrice fraîchement diplômée qui passerait bientôt ses journées avec leurs enfants, avait noté sur une liste qui tremblait un peu dans sa main. Marquer les vêtements, c’est important, pas de couche ni de tétine car, n’est-ce pas, ce n’est pas compatible avec les « apprentissages », apporter le doudou et un oreiller pour la sieste et, si l’on voulait, un petit sac pour la collation du matin. Celle que l’on vilipende maintenant à longueur de publication, et souvent à juste titre, mais indispensable dans cette région agricole où les enfants se lèvent souvent aux aurores pour arriver à l’heure à l’école. Un petit-déjeuner équilibré dès potron-minet pour un petit enfant encore tout ensommeillé, c’est rarement gagné. Collation légère, donc, pour la mi-matinée. Et pour tous, finalement, car faire comprendre à son propre enfant (petit privilégié qui vit à la campagne en ville et se lève trois quarts d’heure seulement avant que la cloche ne l’appelle à se mettre en rang) qu’il n’en a pas besoin, lui, c’est encore plus impossible. Pour bien montrer comment elle envisageait la chose, la « maîtresse » avait exhibé un mignon petit sac brodé. Parce que discerner son bien dans la mêlée est aussi facteur d’autonomie, mesdames et messieurs les parents, au cas où vous ne le sauriez pas encore. Elle plaçait d’emblée la barre à un certain niveau, rejetant d’un geste dédaigneux les petites valises « si jolies mais impossibles à ouvrir » et autres contenants incongrus que les parents, c’est bien connu, confient ingénument à leurs enfants.

 Belle occasion de s’exercer, donc, et de faire en double exemplaire, tant qu’on y était, le sac-à-goûter-pour-la-rentrée. La maman à qui l’autre sac avait été promis avait donc eu le choix entre trois tissus et trois « compléments ». Après quelques hésitations, elle s’était finalement décidée pour un lin bleu et le fameux Toria chocolat, trouvant cette association jolie pour un garçon. Trois essais et quelques jurons plus tard, elle avait reçu le petit sac promis, soigneusement repassé, bourré de papier de soie pour faire ‘masse’, les plis artistement organisés.

 Charité bien ordonnée aurait dû commencer par soi-même... Deux jours avant la rentrée, le sac de la princesse n’était encore qu’une idée. Quel tissu utiliser, tous ceux qui attendaient sagement dans la lingerie étaient si jolis… Liberty soyeux ? Lin ancien ? Fleurs et rayures shabby chic ? Vichy classique ? Impossible de choisir… Finalement, deux imprimés avaient été présentés à la princesse, afin qu’elle rende son verdict. En brave petite parisienne exilée, elle avait choisi un imprimé Tour Eiffel un peu décalé. Un sac à coulisse, même amélioré, pfeuh, ce serait l’affaire d’un quart d’heure. Sauf que, l’enthousiasme aidant, ces pauvres tours s’étaient retrou-vées… complètement tourneboulées ! Voilà qui vous aurait des airs de leçon d’humilité… Le sac est donc resté ainsi, petit souvenir des débuts en couture de maman, on en rira encore…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais... parisienne un jour, parisienne toujours ! Une amie, qui avait pu apprécier le gai ratage, ramena plus tard un petit souvenir d’une escapade sur les grands boulevards, glissant d’un air malicieux : « Tu vois, tu donnes vraiment le LA. Même là-bas, ils font comme toi. ».

 

 

 

 

 Photo 1ère catalogue G. Lafayette

 

 

 

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Mardi 25 septembre 2007

Elle est terminée, sagement installée sur son petit cintre et rangée dans un sac assorti. On peut la voir ici, mais sa destinataire ne la recevra que dans quelques jours. Un peu d'attente encore avant de tout raconter...

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Lundi 21 mai 2007

En voilà un titre déce-vant, vous direz-vous à la fin de cet article... Ben non, pas de délicieux week-end outre-Manche pour moi, pas de balade enchanteresse dans les Kew Gardens, pas de relève de la garde, pas de tea party autour d'un Earl Grey ni de ces délicieux gâteaux que seuls les Anglais savent faire. Too bad...

Ce titre énigmatique, donc, cache une réalité bien plus prosaïque... Pour me faire bien comprendre, je dois remonter quelques années en arrière, jusqu'à une époque (finalement assez lointaine, bougre que le temps passe !) où j'admirais sans réserve le cahier de couture et de broderie réalisé par ma mère dans son école de jeune fille 'comme il faut'. Ce cahier qui fait aujourd'hui partie de mes petits trésors recèle entre ses pages épaisses les essais de plis, roulottés, cols et poignets ou encore smocks qu'il plaisait au professeur de ces jeunes filles d'exiger. La finesse des points, la précision des coutures, la patience et la méticulosité qu'elles supposaient, le rose passé du fin tissu de coton, tout me plongeait dans le ravissement. Pour la petite histoire,  je dois avouer que j'ai fait tant et si bien que Maman a fini par me l'offrir, son cahier... Je crois - j'espère en tout cas - qu'elle l'a fait sans regret, sachant l'importance de ce cadeau à mes yeux. Et des années après, j'ai toujours le même plaisir à le feuilleter, et peut-être à rêver à cette jeune fille qui m'est si proche, et que je ne connais pas ?

Bref, l'envie de coudre et de broder me tient depuis plus longtemps que je ne m'en souviens. Pourquoi n'ai-je jamais sauté le pas ? Je ne sais pas. Est-ce que je préférais imaginer, me représenter ce que je pourrais faire ?  Est-ce que je m'en contentais ? Sûrement... Ce n'est pourtant pas, ou alors très inconsciemment, la peur de mal faire, de faire moins bien que le modèle, je crois que c'est surtout la nonchalance très méditerranéenne qui me caractérise qui est la cause de cette si longue attente...

 

Ces trois dernières années, pourtant, l'envie de faire, le désir de toucher, de transformer, de voir naître des choses sous mes doigts ont été les plus forts. Ca a commencé par le tricot, que j'ai repris (ça, je savais faire), assez sporadiquement toutefois. Puis le point de croix. La broderie blanche, que j'adore, me tente terriblement mais je la laisse pour l'instant de côté. Plus tard dans l'année, peut-être ? Et enfin, la couture...

Je ne suis pas fille pour les cosmétiques, je ne le suis pas non plus pour la garde-robe (même si la mienne est... encombrante !). Je suis extrêmement fidèle à mes vêtements, le principe féminin qui veut qu'on achète trois tops, deux jupes, cinq paires de chaussures, etc. par saison ne vaut pas pour moi. Et puis... je ne trouve que si rarement des choses qui me plaisent, à un prix non stratosphérique, que si la banqueroute me menace un jour, ce ne sera pas pour cause de folies vestimentaires ! Mais combien de fois me suis-je dit : J'aimerais un truc comme ci, long comme ça, de cette couleur ci et de cette longueur là... sans, bien sûr, mettre un simple début de main sur  l'objet de ma convoitise. Donc c'est simple, quand cette aubaine arrive, j'achète en double (sauf si on me demande la Lune pour le machin en question...) ! Et puis, la princesse est arrivée, telle un petit Zorro toute en boucles follettes et en bedon. Il faut en convenir, certaines tentations sont au-delà de la résistance humaine... Et la mode enfantine, enfin celle qui m'intéresse, est à se mettre sur la tête pour s'étonner avec les pieds comme le disait très justement Claudine, je crois (encore une référence vestimentaire, c'est un signe !).

Pour en finir (tout arrive...) avec cet interminable prologue, j'ai donc décidé que cette année me verrait dompter une machine à coudre. D'ailleurs, tous les horoscopes le prédisaient : 2007 verra vos talents créatifs se donner libre cours ! Donc, c'est pas ma faute, c'est la faute aux astres qui m'ont forcée à ouvrir mon catalogue de VPC et à commander (à - 20 %, tout de même, j'ai des enfants à nourrir et un mariage à préserver) ma merveille, mon Graal, ma machine !

Quand l'objet est arrivé, j'ai attendu 24 heures d'avoir le temps nécessaire pour ouvrir le carton avec tout le respect dû à son contenu... puis encore deux ou trois jours avant d'oser bobiner une canette. Fiasco total pendant 10 minutes, d'ailleurs, grâce à mon mari qui avait tripoté, fait tomber et remonté à l'envers le support de ladite canette ! Et enfin, deux bonnes semaines avant de faire ma première couture ! Moi l'impatiente, la tournicoteuse, la piétineuse, j'ai attendu. Et avec un certain plaisir d'anticipation, je dois bien le dire. Mais toute chose a une fin (cet article aussi, ne désespérons pas), alors j'ai pris mon courage à deux mains, le tissu de l'autre, et trace, et coupe, et taille, et épingle (deux fois, la faute à ce fichu polaire qui profite de la moindre occasion pour godailler, s'étirer, gondoler, vriller, que sais-je encore ??) et faufile... Et pique. Et le voilà, mon printemps à Londres : un plaid vert... vert (j'adore le vert gazon anglais, c'est ainsi), et un charmant Liberty pour lui faire pendant et sacrifier à la folie de l'année (qui me fait bien rire, vu que j'ai quand même l'âge suffisant pour avoir porté du Liberty à l'époque où les jeunes filles sages boutonnaient leur petit chemisier fleuri jusque sous le menton. La rage au coeur, souvent. Le détail est plaisant...). Elle a ceci de bien, soit dit en passant, qu'on trouve plus facilement ces tissus d'ordinaire assez difficiles à dénicher chez nous. Et j'en profite pour remercier Louva, qui m'en a gentiment ramené de sa récente escapade à Londres. 

Ben oui, ce n'était que ça... deux bouts de tissu et quatre coutures droites ! Mon premier bébé, l'historique, le futur ancêtre, le défloreur de machine à coudre. Tout de même...

Et à la maison, je dois me battre pour en profiter un peu, de mon plaid douillet... Où va donc se nicher la rançon de la gloire, ça laisse rêveur !

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Mercredi 9 mai 2007

J'ai tellement de zin-zins en cours dans tous les coins et recoins que cette pe-tite écharpe est restée bien sagement dans les méandres de mon ordinateur, attendant son heure. Puis le mois d'avril nous a joué une symphonie estivale, et les échar-pes n'étaient plus de saison... Et pourtant, c'est avec celle-ci que j'ai mis en pratique un point découvert dans un bouquin aussi joliment fait qu'utile :

Le tricot en 300 points (Karen Hemingway, chez Marabout)

Les photos sont appétissantes (Prudence, les aiguilles en bambou...), les couleurs bien dans l'air du temps, les explications sont simples. Mine de rien, la préface fait tranquillement le tour des techniques sans jargon inintelligible pour le commun des tricoteuses. Enfin, le livre en lui-même est agréable à manier grâce à un format pratique, une couverture souple qui permet de le tenir ouvert facilement et de le transporter sans se ciphoser à tout jamais la colonne. (Je précise que je n'ai, hélas trois fois hélas, aucun intérêt financier chez cet éditeur...)

La laine, j'en ai un joli stock, car comme pour le reste, j'ai une fâcheuse tendance à l'acheter pour le plaisir... de la couleur, de la matière, du dessin à la Moebius que forment les pelotes. Je sais, c'est futile... mais que celle qui n'a pas craqué ainsi me jette la première aiguille !

J'avais également en magasin des coupons d'un joli taffetas rose passé trouvé chez Cousette entre copines... L'équation est facile à résoudre, même pour une piètre matheuse telle que moi : froufrou, tissu soyeux, rose et petits sequins de nacre = une écharpe de fille. La princesse a donc été, encore une fois, la victime toute désignée de mes expériences sauvages !  Et elle a participé, de la voix, à la genèse de cette écharpe qui profite du retour (le dernier... j'espère) d'un ciel maussade pour venir parader avant d'aller dormir quelques mois dans son carton.

 

Merci à Madame Pipon qui s'est prêtée au jeu...

 

Un verso tout doux en taffetas et petit plis...

 Le froufrou de plus près...

Histoire de regretter encore un (tout petit) peu les frimas de l'hiver pour n'en apprécier que mieux le soleil revenu...

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Dimanche 15 avril 2007
Le démon du tricot, après quelques mois de bannissement plus ou moins forcé, a repointé le bout de son nez. Après des années d'absence totale, il avait fait un retour en force dans les mois précédant la naissance de la princesse, qui s'est ainsi trouvée « comblée » d'un bonnet, d'un gilet minuscule, et surtout de TROIS cou-vertures... Obsession, toujours (je suis une frileuse convaincue)...
En attendant des jours plus inspirés, j'avais remisé laines et aiguilles et notamment un adorable gilet classique pour la princesse, trop petit avant même d'être fini... Qu'à cela ne tienne, détricote que je te détricote (la laine est magnifique, un kid mohair de Rowan couleur aqua, un peu de respect que diable !) et me voilà devant un petit monticule vaporeux, bouclé à plaisir...
J'aurais pu (dû ?) réutiliser ce fil pour un nouvel ouvrage... et je l'ai enfermé dans une improbable prison de tulle fermée d'une barrière de soie ton sur ton, parfumé d'une sublime lavande et orné d'une petite lune de nacre...
Pour un dressing de bébé rêveur...
 
    
Autre déclinaison...
la version « pleine lune »...
   
 
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Mardi 3 avril 2007

J'ai déjà dit que j'étais obsessionnelle... Mais bon, je reste fréquentable tout de même...

 

 

 

En ce moment, les doigts me démangent, et j'ai repris les accumulations frénétiques de tissus, boutons, laines et acces-soires improbables, mon panier à ouvrage déborde de zinzins divers en cours et mon cerveau émet des cliquetis inquiétants (le printemps, peut-être, ou bien la Lune.. .).

 

 

 Bref, année électorale oblige, j'ai moi aussi établi un programme, moins ambitieux (ou dingo, c'est selon) que ceux de nos présidentiables, restons modeste, mais si je m'y tiens, ce sera déjà bien :

 

 

NON à la procrastination (élevée au rang d'art pour ce qui me concerne...)

 

 

OUI à l'organisation

 

 

 

Le premier point, le plus noir, le plus douloureux, je le traite activement à grand renfort de listes TO-DO, de coups de pieds bien appliqués et de sacrifices inhumains...

 Le deuxième, ça va déjà mieux. Parce que j'adore ça, finalement. Le concept en tout cas...

 

 

 Donc, pour joindre le geste à la résolution, je me suis attelée il y a quelque temps à l'organisation de ma liste de blogs chouchous... Bon, ce qui devait n'être qu'une vérification s'est terminée en exploration en règle, et la liste comporte désormais... 62 URL. Et encore, je me suis sévèrement interdit de poursuivre mes errances bloguesques...

 

 

Mais ça valait la peine... Des génies inspirés de l'atmosphère, des fées de  l'aiguille, des exilées aux papillons, une amoureuse invétérée et... une petite cousette charmante, à qui j'ai commandé des lunes de nacre (logique) et un kit créatif comportant, entre autres délicieuses babioles, de mini-coupons de lin et du taffetas rose poudré (celui-ci, je l'ai déjà utilisé, pour la princesse encore, on verra plus tard...). Le lin m'a fait des misères en se débobinant gaillardement (comment surfile-t-on cette chose, grands dieux de la couture ???), mais malgré son mauvais esprit, je l'ai transformé en pochette pour... la princesse, encore. Ce n'est pas un étui à lunettes, même si ça y ressemble, les observateurs verront qu'il penchouille léger (pour une fois que je suis contente que ce bougre d'appareil fasse deux photos floues sur trois...), mais il a beaucoup plu à sa destinataire...

 

 

 

  ... un ancien ruban à marquer le linge, aux initiales de la princesse, s'il vous plaît !

 

 

 

 

 

 

Les ingrédients : quelques centimètres carrés de lin encore vivant, de la dentelle ancienne à jours, un bout de ficelle, un mini-monogramme et une princesse-cobaye...

 

 

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Mardi 3 avril 2007

Ce n'est déjà presque plus de saison... mais l'année prochaine elles ne lui iront probablement plus !

Poésie, j'ai joué Gulliver chez les Lilliputiens avec ta formule his-torique, j'espère que le résultat sera à la hauteur

Un peu de fil rose, forcément rose, une fleur crochetée de la Droguerie en ton sur ton, quelques perles vertes... Une menotte de princesse très chic, forcément...

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Vendredi 9 février 2007
J’ai une légère tendance à l’obsession...
 
…Le sujet (moi en l’occurrence, NDR) est de nature compulsive, avec tendance marquée à l’accumulation, mais ne présente pas de danger pour lui-même ni pour son entourage...
 
Bref, quand j’aime, j’achète, je rachète, j’entasse, j’accumule (déjà dit), j’amasse, je thésaurise avec délices...
 
Quand j’ai ouï parler de cosmétiques maison et découvert au fil de lectures passionnantes (pour le sujet d’aujourd’hui, butiner ici et chez ma chère PPP) de quel bois, ou plutôt composants, ils se faisaient, il ne m’a guère fallu de temps pour me constituer un petit trésor de trucs à chaudron. J’ai commencé par le plus facile pour moi, la fameuse Cera flava ou cire d’abeille jaune (en termes vulgaires, la cire non trafiquée par un procédé dont la 'quelconquerie' ne masque qu’à grand-peine la perversité…). Facile, car j’ai pu m’en procurer en... quantité auprès de l’apicultrice locale, qui m’a depuis fait une réputation de fille très gentille (et on sait ce que ça veut dire dans nos contrées !).
 
Je me suis donc retrouvée, pour quelques sous, nantie d’un énorme bloc de cire à l’odeur divine, et quand je dis énorme, j’euphémise doucement, la bête pesant son bon kilo.
 
Pas pratique à stocker, évidemment, car, matière brute oblige, ledit bloc ressemblait furieusement à un étrange monolithe aux formes tourmentées… Et pas pratique à utiliser non plus : râper de la cire n’est déjà pas une partie de plaisir, mais râper un machin de ce poids est au-delà de mes forces. J’ai essayé d’entamer la chose à la Sharon Stone, et bien failli y laisser quelques entrailles. Et je ne parle même pas de l’aspect piteux de ma râpe après l’opération (ni de la tête de mon fils commis à la plonge…).
 
Bref, j’en ai eu assez. Mais je suis persévérante, et puis je ne voulais pas renoncer à l’utiliser, ma cire. Je sais qu’on lui reproche, certainement à juste titre, son « effet tirant » (Blue, grande experte en touillages maison), trop couvrant, voire asphyxiant. En tant que toute petite expérimentatrice (et utilisatrice fanatique du baume à lèvres de Weleda, à l’odeur grisante), j’apprécie le moelleux et la tenue qu’elle donne pour peu qu’on ait la main légère.
 
Rien n’arrive par hasard… Il y a peu, j’ai acheté un... moule ? Plaque à œufs ? Palette de peintre molle à la Dali ? Je penche pour la deuxième solution, par raison, mais ça m’amuse d’imaginer tout ce qu’on pourrait faire avec cet ustensile (j’en ai acheté deux, en fait, voir la première phrase de ce billet…). Et je n’ai pas encore fait le tour des possibilités qu’il me laisse entrevoir. Bref, ce machin en porcelaine trônait depuis quelques jours sur une vitrine, chaque petite case emplie de zinzins divers, attendant l’inspiration : perles, boutons, bracelets de la princesse et de son papa à refaire, clé de montre ancienne, pompons de laine cardée… quand j’ai décidé de faire du cérat (merci Hooly). Je vous passerai les détails sordides, la description de la cuisine après que j’y ai officié, l’état du saladier de verre, etc…
Le cérat était bien, merci pour lui. Moi, j’étais au bord du syndrome chinois.
Et là, foin de modestie, l’idée du siècle, la trouvaille géniale : bain-marie + OMNI (objet à mouler non identifié) = demi-lunes (logique) de cire !
 
Bon, jetons un autre voile pudique sur les à-côtés de l’opération. Deux ou trois détails fâcheux, un chouïa de maltraitance à wok (seule « marmite » assez grande pour accueillir la masse à faire fondre), un plat à four dépyrexé, quelques flaquouilles éparses et résolument collées. Tout ceci n’est rien. Les doléances ne sont pas de saison. Think positive ! Car le résultat est, je ne crains pas de le dire, à la hauteur du mal que je me suis donné…
 
 
Et tant que j’y étais, j’ai fabriqué avec un plaisir assez enfantin deux bougies merveilleusement odorantes. J’attends maintenant le verdict d’une amie-cobaye, à qui j’ai envoyé un échantillon du produit de mon industrie. La pauvre… Elle va être obligée de se pâmer d’admiration et d’en faire quelque chose, maintenant…
 
Bref, me revoici à la case presque départ : j’ai toujours une quantité de cire suffisante pour fabriquer une tonne de baume, mais maintenant, elle est facilement portionnable, comme les surgelés. Au pire, ça fera déco, dans un joli bocal…
 
 
Seul conseil - sérieux - à qui serait tenté, trompé par mon enthousiasme, de reproduire l’expérience enchantée : le démoulage est assuré si l’on prend la précaution d’utiliser de la porcelaine de cuisine, et de lui faire prendre un petit bain de siège frais dès que la cire a figé en surface.
 
Much ado about nothing, n’est-il pas ??
 
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Mercredi 11 octobre 2006

Lorsque nous nous sommes mariés, mon mari m'a tendu un tout petit paquet, plat, carré, à la fois souple et résistant. Une petite enveloppe de carton gris cernée d'un lien, renfermant LE bracelet que je voulais : un D... V... Loin de tout snobisme plus ou moins bien assumé, j'avais remarqué ce petit bijou qui me correspondait tellement, un lien tout fin, simplement orné d'un disque bi d'argent (chez D.V ils l'appellent pi, variante généralement admise par les spécialistes de la Chine), qui me murmurait des choses tendres... J'avais en effet contracté l'habitude, des années auparavant, de nouer autour de mon poignet des liens de rien de tout, pour la couleur, la matière, un événement, des bracelets de fortune que j'investissais d'une charge symbolique parfois forte, et qui finissaient par me quitter d'usure... Là, j'avais tout, la sobriété du lien quasi invisible, l'argent (je n'aime pas l'or jaune) et ce symbole asiatique cher à mon coeur.

 

Me voilà donc parée de ce petit bijou et vaquant jour après jour, sans jamais le quitter. Ce qui devait arriver finit, bien sûr, par arriver... le lien s'usa à l'extrême et menaça de rompre. Je dus alors me résoudre à le faire remplacer. Son créateur faisant bien les choses, les dépositaires suivent une formation pour refaire - à la mesure de votre poignet - le bracelet, dont vous pouvez alors changer la couleur (le mien était gris à l'origine). Toute chose a son prix... et s'il m'en souvient bien, le lien de remplacement et la « main-d'oeuvre » m'ont coûté à l'époque quelque chose comme une vingtaine d'euros. Pleine de bon sens, dans ce magasin pourtant chicissime-rive gau-che (Paris, Saint-Germain, Zola, devinez !), la vendeuse m'a d'ailleurs soufflé, pour les prochaines fois, de monter au troisième étage acheter un lien de coton ciré et de le lui amener afin qu'elle « officie » à moindre frais.

 

 

 

 

Je ne me pas suis contentée de suivre ce judicieux conseil, j'ai également décidé de découvrir comment diable je pourrais refaire ce fameux noeud coulissant (qui avait l'air, le jeu de mot est mauvais, de lui donner du fil à retordre !). Direction la librairie donc (outre une bonne dose de rêve plus ou moins formaté, on trouve tout, dans ce magasin, je l'adore...), rayon marine : bingo ! Hop, quelques escalators plus tard, me voici à la Droguerie, où je fais main basse sur quelques centimètres de cordonnets colorés.

 

 

 

 

 

 

Restait la pratique... De retour à la maison, nous avons patiemment étudié les tours et détours du fil pour obtenir ce fameux noeud (j'en ai oublié le nom, et le livre est dans les cartons pas encore déballés). Moins facile pour moi qui suis gauchère (mais quand on vit dans un monde de droitiers, nécessité fait un peu loi, voyez-vous) et après une dizaine d'essais plus ou moins concluants, nous avons enfin réussi à refaire à l'identique le noeud d'origine.

 

 

 

 

Depuis, j'ai eu moult occasions de pratiquer, pour moi bien sûr, car je porte mon bracelet en permanence et les douches répétées l'usent en quelques semaines. Pour mon mari ensuite, à qui j'ai fabriqué un bracelet similaire au mien, également orné d'un disque bi traditionnel, c'est-à-dire en jade. Mes fils ont poliment décliné ma proposition (pfeuh !) et c'est ma fille, la pauvrette, qui a essuyé la dernière vague de tortillage sauvage. Elle porte ainsi depuis sa naissance un petit bracelet orné d'une fine plaque de jade, dont j'ai conservé le fil historique.

Ce grand blabla avait tout de même un autre but que de raconter ma vie d'apprentie-noueuse. Quand je vois les innombrables bracelets que l'on trouve maintenant sur ce modèle, je me dis bêtement que ça pourrait intéresser quelque promeneur(se) égaré(e) .

 

D'abord, quelques photos pour se motiver (de haut en bas : un bouton de nacre à l'envers, MON disque bi et une plaque de nacre) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Puis la pratique, en images et légendes (désolée pour la « qualité » assez déplorable des graphiques, mais je ne suis pas exactement une...experte ). Les légendes sont difficiles à lire, donc je les recopie sous chaque graphique :

1. Passer le fil dans l'orifice.

2. Former une boucle en ramenant le brin libre vers la droite, puis le remonter et le faire passer sur le brin "horizontal".

3. Ca se complique... Passer le fil deux fois derrière les deux brins "horizontaux" de manière à former deux boucles, et ramener le fil libre en bas.

4. C'est le geste le plus difficile : prendre le brin (en bleu), le remonter par devant et le passer dans les boucles qu'on vient de former. Procéder lentement pour ne pas "écraser" les boucles.

Le brin doit ensuite passer derrière l'ensemble et être glissé dans la boucle initiale. En le faisant, c'est plus simple...

 

 

 

 

Absolument impossible de reproduire le dernier geste de façon compréhensible, donc explication  : tout est en place pour former le noeud, il faut maintenant tirer délicatement sur les deux brins libres (à gauche, celui du début et celui que l'on vient de passer dans la première boucle) tout en maintenant l'anneau. On doit obtenir une espèce de triple noeud "coulant", qui permet d'ajuster la longueur du bracelet. 

Une fois le premier noeud fait, passer le brin libre dans l'anneau et... recommencer en essayant de calculer la longueur nécessaire avant. On ne réussit pas du premier coup, mais on attrape vite le coup d'oeil. 

Deux conseils et une astuce :

 Pour les premiers essais, ne pas serrer le noeud trop fermement, car il y a de grandes chances qu'il faille le défaire pour ajuster la longueur du bracelet, or le fil ciré « marque » facilement.

 Si le bracelet ne doit pas être porté en permanence (donc, pas de douche en vue), on peut choisir du cuir fin, voire du fil à scoubidou (c'est plus sportif et le résultat est plus « gadget », mais ça peut être amusant).   

 Le choix de l'ornement est vaste : du moment qu'il comporte un trou suffisamment grand pour y passer le fil deux fois (ou deux trous, évidemment), tout va bien. Les boutiques de loisirs créatifs, les marchands de perles, les merceries (boutons de nacre ou de corne...), le rayon bricolage, pourquoi pas, sont des lieux à explorer sans a priori !!

Et lorsqu'on a bien usé ses petits doigts, jeté trois fois le fil et l'anneau en jurant comme un charretier, avant, ô miracle, de faire son premier noeud (mais sûrement pas le dernier), un peu de lecture pour rêver : 

 

 

A la découverte d'un symbole ancestral 

Autres symboles magnifiques, les pierres de rêve

Encore les disques bi

Le jade, pierre mythique

 

 

 

 

Et puisque, quel que soit le chemin, j'y reviens immanquablement, un peu de littérature et d'aventures avec la Trilogie du disque de jade, de José Frèches. La langue n'est pas toujours convaincante (quelques facilités d'écriture un peu répétitives), mais l'histoire est prenante pour qui s'intéresse tant soit peu à l'histoire de la Chine ancienne. 

 

 

 

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